Y’EN A MARRE A DIT Y’EN A MARRE ET APRES? ( par Samba Soumare)

Publié le par GUILLAUME DELLOH

  Le 23 juin 2011, le Mouvement ‘Y’en a marre’ a dit y’en a marre et j’ai écouté, entendu et compris: j’ai compris que y’en a marre en a marre de voir qu’une frange importante des personnes qui nous gouvernent, se comporte comme si non seulement le Sénégal était sa propriété dont elle peut user et abuser à volonté, mais également  comme si les votes de la majorité des citoyens de notre pays appartenait pour toujours à la coalition autour du Président Wade, parce que tout simplement les cartes de leurs propriétaires ont été librement offerts pour l’éternité à Maître Wade et à tous ceux qui acceptent de cheminer avec lui ou de défendre demain son héritage.

  Y’en a marre a aussi dit par la bouche de Foumalade, qu’il en avait marre de voir des millions de gobelets de café Touba joncher partout le sol des villes Sénégalaises, alors qu’un petit geste auraient pu les faire atterrir dans une poubelle; il a également dit qu’il en avait marre de voir des ‘Ndiaga N’diaye ‘ quotidiennement surchargés de monde, et mettant toujours en danger la vie des populations.

  Tout cela pose le problème de la responsabilité du citoyen vis-à-vis de lui-même, de la responsabilité du citoyen vis-à-vis de la société et celui de la responsabilité de l’état vis-à-vis de ses constituants.

  Si Y’en a marre, cris du cœur du peuple, a conscience de l’étendue de ses maux, et de la dimension de ses problèmes, il ne sait pas comment leur trouver solutions et c’est normal car, cela n’est pas de ses responsabilités premières et principales; la charge principale de la résolution des problèmes des Sénégalais appartient d’abord aux gouvernants, et cette charge n’est qu’une compétence transférée.

  Malheureusement, depuis le premier gouvernement d’Ahdjibou Soumaré, et l’installation du Sénat, si le Président de la République a mis un point d’honneur pour que ses grands projets continuent leur petit bonhomme de chemin, avec la crise de 2008 et les subventions supprimées, c’est non seulement qu’on n’a pas mis en place un programme d’urgence de soutien aux couches vulnérables ou défavorisées, mais beaucoup d’élus et membres du gouvernement identifiés par les populations comme n’ayant aucun mérite outre celui d’avoir été un Fidel et loyal compagnon de longue date du Président Wade, se sont installés dans leurs fonctions avec un comportement arrogant, et un refus total de même, communiquer avec le peuple.

  Le 23 juin, il était question du vote d’un projet loi, mais cela n’a été qu’un prétexte; ce qui s’est déversé dans la rue ce jour là et dans la nuit du lundi 27, c’était l’accumulation d’une frustration qui a débuté nous l’avons dit quelque temps après la réélection du Président Wade en 2007.

  En 2007, le Président Wade n’a été réélu qu’avec le bénéfice du doute: avec beaucoup de chantiers ouverts avec l’ère Macky Sall, le peuple a dit et tout le monde s’en souvient, ‘Bayiléne Gorgui Mou Li Guéye’ ;  au lieu d’aider le président de la république a géré ‘le Sénégal comme un pays qui vient de sortir de guerre’, l’administration s’est plu depuis dans le laxisme.

  Dakar et toutes les villes du Sénégal sont sales et désorganisées, et on s’en rend mieux compte lorsqu’on vient de l’étranger; si on est une personne avertie, on saura que le Festival Mondial des Arts Nègres a créé beaucoup de frustrations chez beaucoup d’artistes et hommes de culture, et depuis longtemps la banlieue Dakaroise gronde sans être écoutée ni entendue.

  Beaucoup de Sénégalais sont convaincus qu’un système a été mis en place au palais présidentiel, pour empêcher le Président Wade d’être accessible par son peuple et de recevoir toute idée nouvelle de réforme; des centaines voir des milliers de projets innovants dorment aussi dans les tiroirs des conseillers du Président de la République lorsqu’ils ne sont pas tout simplement détournés.

  Mettre en place un programme d’urgence de soutien aux couches vulnérables et défavorisées, comprendre que les populations ont besoin d’être associées davantage à la gestion de leur quotidien car il y va de leur destin, être conscient que le monde a changé et que du fait de l’internationalisation des medias à l’échelle planétaire et de la démocratisation de l’information, les Sénégalais dans leur ensemble ont muri et aspirent à un niveau de bien-être de classe international, sont des choses importantes à comprendre par les gouvernants actuels et ceux de demain.

  Le 23 juin dernier, on a beaucoup parlé de démocratie et d’approfondissement de la démocratie mais dans tous les cas, le citoyen Sénégalais ne veut pas de démocratie qui ne nourrit pas son homme, rien ne saurait donc se construire demain dans le désordre et la terreur, les événements du 27 juin sont là pour ne le rappeler.

  En route vers 2012, les électeurs de 2000 ne sont pas les électeurs de 2007, ceux de 2007 n’étaient pas ceux de 2009, et ceux de 2012 seront de type nouveau ; tout ceci pour dire que ‘Y’en a marre’ en a marre de voir que beaucoup de Sénégalais sont pris pour des demeurés et il l’a dit tout haut les 23 et 27 juin derniers, les autorités qui veulent s’adonner à ce jeu périlleux, ne peuvent pas dire qu’elles ne sont pas averties.

Publié dans Sénégal

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