Tripoli : Un islamiste à la tête des forces rebelles

Publié le par GUILLAUME DELLOH

Le nouveau gouverneur militaire de la capitale libyenne est passé par les prisons de la CIA.

Victoire de la Libye

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Les rebelles qui ont fait tomber Tripoli et pris possession de Bab al-Aziziya, la résidence du colonel Kadhafi, ont pour chef Abdelhakim Belhaj, une vieille connaissance des services de renseignement occidentaux. Plus connu sous le nom d’Abou Abdallah al-Sadek, l’homme présente un sérieux curriculum vitae d’islamiste. Engagé dans le djihad afghan dès 1988, il est, comme le rappelle le journal Libération, l’un des fondateurs du Groupe islamique combattant libyen (GIC), une organisation qui disposait, avant les attentats du 11 Septembre, de deux camps d’entraînement en Afghanistan où étaient reçus les volontaires étrangers enrôlés par al-Qaida.

Un temps réfugié au Pakistan, puis aperçu en Irak, il est arrêté en Malaisie, en 2003, par la CIA. Interrogé, sans doute torturé, dans l’une des prisons secrètes ouvertes à l’étranger par l’agence américaine, alors au plus fort de sa guerre contre le terrorisme, il est remis, par cette dernière, aux autorités libyennes en 2004. A cette époque, les services secrets de Kadhafi collaborent activement avec ceux de Washington contre al-Qaida en leur fournissant, notamment, les noms des islamistes libyens qui ont rejoint l’organisation. En Irak, après les Saoudiens, les Libyens représentent le deuxième contingent de combattants islamistes. C’est au travers de cette collaboration avec les Américains, et après avoir renoncé à se doter d’armes de destruction massives, que le Guide obtiendra la réintégration de la Libye sur la scène internationale.

Assassinat

En 2009, Abdelhakim Belhaj retrouve la liberté, après que son groupe se fut engagé à ne plus s’en prendre à la personne de Kadhafi et à son régime. Mais, dès le début de l’insurrection, il prend le chemin de la montagne berbère et la tête des forces rebelles de l’Ouest du pays. Ce sont ses troupes qui conduiront l’offensive victorieuse sur Tripoli.
Abdelhakim Belhaj demeure t-il proche d’al-Qaida ? Pour le journaliste Jean-Pierre Perrin : « Il est ardu de ne pas voir sa griffe dans l’assassinat du général Abdel Fattah Younès (chef militaire des rebelles), le mois dernier. » L’officier, ancien ministre de l’Intérieur de Kadhafi, était, il est vrai, à la tête des forces qui avaient réprimé les islamistes en Libye dans les années 1990.

Publié dans Lybie

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