POURQUOI MADINA S'EST TRANSFORMÉE EN TORCHE HUMAINE ? Sa famille ne voulait pas qu'elle tue son bébé

Publié le par GUILLAUME DELLOH

Le poste de police de Yeumbeul a ouvert une enquête sur l'affaire d'immolation par le feu vendredi dernier aux environs de 21 h de Madina Diop. Au moment où la victime lutte contre la mort à l'hôpital, nous avons fait un tour samedi dernier au domicile de la jeune femme au quartier Hal Pulaar de la localité. L'histoire est pathétique.
 
On en sait davantage sur l'immolation par le feu de la dame Madina Diop, âgée d'une trentaine d'années, devant un fastfood située en bordure de la chaussée aux environs du poste de police de Yeumbeul. En effet, les parents de la jeune femme ont empêché celle-ci de tuer son bébé de sexe masculin de 6 mois, ceci en voulant frapper la tête du nourrisson contre le rebord du mur de la fosse septique. Furieuse contre ce geste, Madina - une déficiente mentale victime d'une maladie communément appelée «merett» en wolof (dépression post-partum)- est allée s'asperger de pétrole avant de se transformer en torche humaine dans la rue. Elle a pris auparavant beaucoup de gorgées du liquide inflammable. 
 
Tout est parti du coup de gueule de la dame Madina Diop contre l'un des fils de sa sœur Oumou Diop, dite Marème. Madina reprochait au gamin d'avoir versé le reste de l'eau avec laquelle celui-ci a pris sa douche dans une bassine à proximité de la chambre. Furieuse, elle prend un bâton et menace de «corriger» le bambin si jamais ce dernier sort de la maison. Entre-temps, la mère du manuel, revient de la borne ¬fontaine et apprend les menaces de sa frangine. Craignant pour sa vie et celle de son fils ciblé, Oumou enferme l'adolescent dans sa chambre et envoie un membre de la famille lui faire une commission. 
 
Pendant ce temps, Madina gronde encore de colère et continue à pester contre sa sœur et le rejeton de celle-ci. Elle débite des grossièretés et profère à tout va des menaces contre sa famille. Y compris même sa vieille génitrice. C'était à l'heure de la prière du vendredi. 
 
Après le déjeuner, la jeune femme s'enferme à clef avec son bébé de six mois dans la chambre et le bastonne avec un éventail. Ses parents alertés par les pleurs du nourrisson, parviennent à ouvrir la porte et interpellent la jeune femme. Mais, celle-ci, boudant encore de rage, trompe la vigilance des gens et saisit le pied de son bébé (6 mois). Elle fait tournoyer après le nouveau-né et tente de frapper sa tête contre le rebord de la fosse septique pour le tuer. Sa famille accourt, la bouscule et lui arraché l'enfant en pleurs. Après son coup manqué, Madina prend la fuite pour éviter d'être tabassée par ses frères. Mais, aux environs de 20h, elle revient à la maison, prend une douche et sort pour aller chercher une chambre à louer. Ceci, dit-on, pour échapper soi-disant aux persécutions et tracasseries de sa famille. Mais, cela n'était qu'une subtile manière de berner ses parents en vue d'aller se transformer en torche humaine. «Elle avait déclaré de vive voix qu'elle allait chercher une chambre à louer pour quitter définitivement la maison. Mais quelques minutes plus tard, une fille est venue en courant pour nous informer que Madina s'est immolée par le feu. C'était aux environs de 21h », dixit Oumou, la frangine de l'immolée. Notre interlocutrice affirme que sa sœur -déficiente mentale - est devenue agressive et violente depuis qu'elle a pété les plombs du fait d'une dépression post-partum. Elle indique aussi avoir une fois subi de même qu'un de ses fils les foudres de sa frangine malade mentale. «Quand elle disjoncte, elle injurie et menace tout le monde. Y compris même notre mère. Elle ramasse des bâtons, des barres de fer et autres couteaux avant de les cacher dans sa chambre. Elle n'hésite une seule fois pas à menacer d'en faire usage contre nous et les voisins de quartier. Elle m'a surpris un jour avant de fracasser mon crane et blesser un de ses enfants avec un gourdin. Alors que j'étais en train de faire la lessive. À l'époque, nous habitions Sam-Sam». Oumou affirme que sa frangine voulait tuer son bébé de 6 mois en cognant la tête du nourrisson contre le rebord du mur de la fosse septique. D'où, ajoute-¬elle, l'intervention musclée des membres de la famille. Un geste, dit-on, que la jeune femme n'a pas apprécié avant de sortir de la maison pour aller commettre son forfait. 
 
Aux dernières nouvelles, on nous informe que l'immolée il été évacuée d'urgence à l'hôpital par les sapeurs-pompiers. Elle aurait les deux bras, le ventre et le cou brûlés gravement par le feu. Elle serait ensuite dans un état critique et lutterait contre la mort. 
 
CHANSON DE MADINA Se tuer ou tuer quelqu'un 
 
À la lisière des déclarations de la nommée Oumou Diop, dite Marème, sœur de Madina, on est fondé à croire que la jeune femme a tout simplement mis à exécution ses incessantes menaces de mort lancées à tout bout de champ, même si elle continue toujours à lutter contre la grande faucheuse. «Elle (Madina) disait sans cesse qu'elle allait tuer quelqu'un ou se donner volontairement la mort. Elle a failli me tuer en me frappant violemment avec un gourdin sur la tête. Tout comme un de mes enfants », indique Oumou qui nous montre les séquelles de ses blessures sur le crâne. Elle en a fait de même avec son rejeton qui traîne encore les stigmates au niveau du front. «C'est a cause de son comportement qu'elle a divorcé d'avec son premier mari. Elle a aujourd'hui trois enfants et est toujours dans les liens du mariage avec le père du bébé qu'elle a failli tuer », renseigne la frangine. 

CONDITIONS AVANT LE DRAME Une chambre ou la mort 
 
Au quartier Hal Pulaar sis à Yeumbeul où nous nous sommes rendu samedi dernier, Madina Diop, âgée d'une trentaine d'années, constituerait la terreur de ses voisins. Crainte et redoutée, elle n'hésitait pas à s'attaquer à ces derniers avec des armes blanches. Quand ses moments de folie lui reviennent. 
Un tour à quelques endroits où elle est passée pour chercher une chambre à louer avant son acte désespéré nous a permis de glaner quelques informations. Selon des témoins, la jeune femme menaçait de mettre fin à ses jours si elle n'arrivait pas à trouver une piaule en location cette nuit-là (vendredi dernier) pour déménager. «Elle disait à qui voulait l'entendre qu'elle allait s'immoler par le feu si elle ne trouvait pas une chambre en location en vue de déménager et quitter pour de bon leur maison familiale. Elle affirmait faire l'objet de tracasseries et persécutions de la part de ses parents», indique un témoin anonyme. Ce dernier renseigne que la jeune dame était en nguimb (tenue de lutteur) avec un pagne enroule dessus et aspergé de pétrole au incident où les sapeurs-pompiers s'affairaient autour d'elle. Il affirme aussi que la «déficiente mentale» sentait le liquide inflammable à mille lieux et vomissait. 
 
ABY DIOP, SŒUR AINEE DE MADINA «Elle a attrape la maladie après son premier accouchement» 
 
Madina Diop s'est métamorphosée après son premier accouchement à cause d'une dépression post-partum. Ce sont là les explications fournies samedi dernier par la sœur aînée de la jeune femme, Aby Diop. 
C’était à l'occasion de notre passage au domicile de la dame. «Elle jouissait avant de toutes ses facultés mentales. Mais depuis qu'elle a eu son premier enfant, elle a perdu la raison. Toutefois, elle adopte parfois une attitude plus au moins normale. Mais quand elle disjoncte, elle se transforme en boule de feu dans la maison. Elle persécute, injurie et menace de s'en prendre à tout le monde. Même nos voisins de quartier ou hôtes de maison passent à la trappe », dixit l'aînée de la famille, qui soutient avoir trouvé sa sœur à l'hôpital dans un état critique. 
À l'en croire, cette, dernière qui lutte présentement contre la mort, a une partie du corps ravagée par le feu. Ces deux bras, le ventre et le cou sont atteints. «Elle (Madina) inspirait pitié et compassion. Rien qu'à la voir, on est obligé d'écraser une larme. Elle me fixait droit dans les yeux et réclamait de l'eau à boire. Ce que le médecin a refusé eu égard à son état de santé critique», nous confie Aby. Celle-ci soutient que sa frangine a tenté dans le passé à plusieurs reprises de se suicider. Cela, en prenant beaucoup de gorgées de pétrole ou en allant se coucher sur les rails, alors qu'elle était à sa deuxième grossesse.

Publié dans Sénégal

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