Mort de l`Ivoirien Mahé: le colonel Burgaud met en cause le général Poncet

Publié le par Guillaume WANKOLE

Le colonel Eric Burgaud, jugé à Paris avec trois anciens subordonnés pour la mort en 2005 de Firmin Mahé, a affirmé jeudi au procès, comme durant l`enquête, que le général Henri Poncet avait donné l`ordre implicite de tuer cet Ivoirien considéré par l`armée française comme un criminel.

Le général Poncet avait été mis en examen au début de l`instruction pour complicité d`homicide volontaire, mais il a fermement démenti avoir donné un tel ordre et a bénéficié d`un non-lieu. Il est attendu comme témoin au procès le 4 décembre.

A l`époque des faits, le colonel et ses trois co-accusés, dont l`adjudant-chef Raugel qui a reconnu avoir tué sur ordre Firmin Mahé, étaient membres de la force Licorne déployée en soutien de l`ONU en Côte d`Ivoire. Le général Poncet était le commandant de Licorne.

Le 13 mai 2005, les militaires français avaient interpellé, blessé par balle à la jambe puis arrêté Firmin Mahé, qu`ils tenaient pour un "coupeur de route", dépouillant et terrorisant les populations. La famille de Mahé conteste, affirmant que les militaires se sont trompés d`homme.

Alors qu`il était transporté dans un blindé français, Mahé avait été étouffé avec un sac plastique par Guy Raugel. "J`assume pleinement de lui avoir donné l`ordre illégal disant que Mahé devait ariver mort" à destination et "je l`ai laissé se débrouiller tout
seul", a déclaré à la cour le colonel Burgaud.

"Je n`avais pas eu le courage moral de m`opposer au général Poncet", a ajouté le colonel, répétant à la cour que son supérieur lui avait dit que le véhicule devait "rouler doucement" et avait conclu sa phrase par: "Vous me comprenez".

Pour le colonel, cela voulait dire qu`"il fallait que Mahé arrivât mort à Man et qu`il ne s`échappât pas".
Devant la cour d`assises, le colonel a admis qu`il n`avait "pas toujours fait preuve de dignité dans cette affaire", n`ayant reconnu que tardivement avoir transmis cet ordre "illégal". "J`ai été lâche, quelquefois j`ai été indigne...", a-t-il dit.

"En tout état de cause, le général Poncet n`admet pas avoir donné cet ordre, mais l`indignité maintenant est dans son camp", a ajouté l`ancien colonel, devenu cadre en entreprise.

Publié dans Cote d'ivoire

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article