LIBYE. Le président du CNT limoge son gouvernement

Publié le par GUILLAUME DELLOH

Moustapha Abdeljalil a pris la décision de "restructurer" l'équipe de l'organe politique de la rébellion.

LIBYE. Le président du CNT limoge son gouvernement

Moustapha Abdeljalil, le président du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion libyenne, a limogé son gouvernement, ont annoncé lundi 8 août deux porte-parole du mouvement rebelle.

"Le président du CNT a suspendu le bureau exécutif", a indiqué à l'AFP Mohammed el-Kish, un porte-parole de la rébellion. "Il a demandé à Mahmoud Jibril (qui dirige actuellement cet exécutif) de restructurer son équipe, certains ne reviendront sûrement pas", a précisé Mohammed el-Kish.

"M. Abdeljalil a limogé l'exécutif", a confirmé un autre porte-parole rebelle, Shamsiddin Abdulmolah, également interrogé par l'AFP.

Jouant les fonctions de Premier ministre et numéro deux de la rébellion, Moustapha Jibril va former un nouvel exécutif, a ajouté Shamsiddin Abdulmolah. Il est composé d'une quinzaine de membres, en charge de la gestion des territoires sous contrôle rebelle dans l'Est.

Ce bureau est sous l'autorité du CNT et de son président. Le CNT avait lui-même été mis en place début mars à Benghazi, après la révolte mi-février contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi dans cette ville de l'est libyen.

Assassinat du général Abdel Fatah Younès

Cette décision intervient une semaine après l'assassinat dans des circonstances mystérieuses du chef d'état-major de la rébellion, le général Abdel Fatah Younès. Rallié à la rébellion après avoir été un pilier du régime de Mouammar Kadhafi, le général Younès avait été tué après avoir été rappelé du front pour un interrogatoire à Benghazi.

L'assassinat a suscité d'intenses spéculations sur l'identité des meurtriers, les divisions au sein de la rébellion, ou l'existence d'une possible "cinquième colonne" derrière les lignes rebelles.

Une enquête lancée par le CNT est toujours en cours. Outre les spéculations sur les auteurs, l'assassinat du général Younès a suscité une vague de critiques contre le CNT, dont plusieurs responsables avaient signé l'ordre de le rappeler du front.

Seuls treize noms rendus publics

La Coalition du 17 février, qui regroupe associations et organisations impliquées dans le soulèvement populaire contre le régime à Benghazi, puis dans la mise en place des institutions rebelles, a ainsi réclamé le limogeage de trois ministres.

Les proches du général Younès, ainsi que les membres de sa tribu d'origine, les Al-Obeïdi, ont également exigé que toute la lumière soit faite.

Le CNT compte officiellement 31 membres, désignés en théorie sur leur expérience et sur la base de la répartition géographique. Seuls les noms de treize de ses membres - essentiellement des juristes, avocats, et professeurs d'université - ont été rendus publics à ce jour, ceci pour des raisons de sécurité.

Publié dans Lybie

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