Les rues docteurs Fleming et Calmette polluées, un mort annoncé

Publié le par Guillaume WANKOLE

 

Les rues docteurs Fleming et Calmette, en Zone 4c, dans la commune de Marcory, ne sont plus vivables. Les caniveaux sont encrassés, toute chose qui rend impossible la respiration.
Ces rues sont polluées, en raison des déchets rejetés par une entreprise. Ce qui aurait fait un mort. « Notre concession est séparée par un mur mitoyen de la société en question. Mon époux, feu Cissé Amadou Sakhir a lutté de toutes ses forces contre la maladie. Maladie créée par l’inhalation des gaz et des odeurs dégagées par la société. Ma famille et moi, sommes aussi des morts en sursis. Car, après plusieurs plaintes, rien n’a changé. Les mêmes émanations de gaz et les bruits assourdissants continuent. C’est dans la nuit que la société brûle les déchets et la fumée pénètre dans toutes les chambres de la maison. Le hangar se trouve tout juste à côté de ma fenêtre. On ne peut rien faire d’autre que d’attendre stoïquement notre mort. Car, nous ne pouvons pas déplacer notre résidence », a révélé Mme Cissé Aïssata Dia, le dimanche 25 novembre 2012.

Installée en ces lieux depuis 2000, la société mise en cause est spécialisée dans la réparation d’engins lourds de travaux publics, de remorques, de porte-chars et autres. Mais cela serait que la face visible de l'iceberg, à en croire les riverains, Issiaka Sanfo, gardien de la villa 7 et Boukary Pousamatoulgou, gardien de la villa n°6, rue Fleming. « Malgré les actions de justice menées par les habitants, le Dg de la société ne plie pas. A preuve, il refuse d’exécuter l’astreinte comminatoire de 100 000 Fcfa, à laquelle sa société est condamnée, depuis le 28 mars 2008, par la justice ivoirienne, au cas où cette situation devait continuer. Cela, pour l’amener à mettre fin à ses activités, dans ce quartier résidentiel », ont expliqué les riverains.

La situation n’évoluant pas, certains locataires ont dû déménager, laissant inoccupées les villas. Les propriétaires de la villa n°7 ont fini par ester en justice, contre la société pollueuse conformément aux orientations du schéma directeur du ministère ivoirien de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat qui admet l’incompatibilité de ce genre d’activité avec les lieux d’habitation. Ainsi, l'arrêt civil contradictoire n°280 du 28 mars 2008 du 4 juillet 2009, a été pris par le ministère. Il a été signifié au patron de la société, par voie d'huissier lui faisant injonction (conformément au règlement d’urbanisme), de « ramener la hauteur du hangar à 5m et reculer au voisin de 2,75m ». Il a été demandé à l'entreprise, d'arrêter les activités citées, mais rien n'y fit», a expliqué un habitant.  « Le Centre ivoirien anti-pollution (Ciapol) saisi depuis le mois d’octobre 2012, s’est engagé à s’occuper du problème. Mais rien n'a été fait », ont confié des victimes.

Notons que les surveillants de l'entreprise accusée nous ont toujours confié que le patron des lieux n'est pas en place. Toutes nos tentatives pour donc avoir sa version des faits, sont restées vaines

 

FOFANA Mambé

Publié dans Cote d'ivoire

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