les féroces cannibales de la République attaquent et cognent.

Publié le par GUILLAUME DELLOH

 

les féroces cannibales de la République attaquent et cognent.

Je suis de ceux qui savent bien, pour l’avoir appris, observé et vécu - tout au long du Pouvoir de la Galaxie Wadienne – qu’un Peuple qui souffre attend beaucoup et tout de suite de son Pays en mettant tous ses espoirs entre les mains apostates, renégates et fourbes de ceux auxquels il a spontanément accordé sa confiance aveugle sur la foi de promesses dont on vient enfin de lui faire comprendre qu’elles n’engagent que ceux qui les écoutent, que ceux qu’elles enthousiasment, que ceux qui y croient.
Vous conviendrez avec moi qu’il y a lieu aujourd’hui d’avoir sérieusement peur pour notre pays, pour sa cohésion sociale, pour sa jeunesse très courtisée à l’heure actuelle par les flagorneurs du régime mais surtout pour l’héritage éthique, moral et civique que nous devons léguer à nos descendants
Saviez-vous qu’en cherchant une occupation pour se rendre utile à la communauté - quelle qu’en soit la nature – si vous êtes chez les Américains US ou chez les Nippons (les pragmatiques), on vous posera forcément la question : « que savez-vous faire ? ». Qu’en France et partout ailleurs en Europe Occidentale (les pointilleux), on vous demandera : « quels sont vos diplômes sinon quelle est votre qualification ? ». Ne saviez – vous pas - depuis un peu plus de dix ans - qu’au Sénégal dit de l’Alternance, qu’on vous chuchotera furtivement et délicatement à l’oreille : « vous venez de la part de qui ? ».
C’est trop triste : le grand pays de Senghor et de Cheikh Anta Diop, depuis l’alternance du 19 Mars 2000, est tombé si bas ! Nous sommes comme dans un mauvais film de science fiction où les acteurs principaux (les tenants du pouvoir) ont trouvé les moyens tortueux de bouleverser l’ordre naturel, l’ordre légal des choses. Du culte de l’excellence et du mérite, nous sommes passés au culte de la médiocrité et des partis pris.
La citoyenneté voudrait qu’il n y ait aucune forme de discrimination, aucun favoritisme entre les entités qui forment harmonieusement un même peuple. Seuls la compétence, le mérite, le savoir-faire et le savoir-être ne doivent compter pour occuper une station étatique et/ou administrative. Dans un tel cas de figure, parler ou s’appesantir sur le clanisme politique, sur la proximité et le lien parental passe pour une farce de mauvais goût.
L’ alternance de 2000 - et c’est ma conviction - a su griser ses principaux acteurs parce que le Peuple tout entier n’a pu contrôler l’ivresse due à ce moment de folie contagieuse mais surtout parce que le nouveau Pouvoir n’a pas pu se maîtriser face à la popularité qu’elle sait conférer. Ce nouveau pouvoir s’est cru aisément le dépositaire infaillible des luttes des classes populaires qui ont accepté sans condition aucune de mettre pour un temps en veilleuse leur capacité de résistance et de contestation parce que le croyant, le percevant comme « proche », comme un proche, comme le Messie venu vaincre le temps des vaches maigres. On s’est tellement égosillé pour seulement dire : « bayyiléen goorgi mu liggéey »…..
Un frémissement d’expectative et d’espoir populaire a toujours eu tendance à se manifester à l’occasion de ces alternances que le peuple considère (complètement à tort dans le cas Sénégalais) comme des victoires sur les oppresseurs de tout temps et une fenêtre donnant sur l’espoir retrouvé, sur la solution à son indigence et à son dénuement.
Dix ans après il a fallu déchanté. La déception a fini par exploser au grand jour (les 23 et 27 Juin 2012). Le Peuple veut faire maintenant savoir par tous les moyens – et c’est légitime – que l’exercice du pouvoir doit être plus profond que ce superficiel jeu de cache – cache avec ses intérêts supérieurs ; il doit être plus rationnel que toutes ces fallacieuses excuses comme la conjoncture internationale pour ce donner une conscience ; ce fatalisme désuet dans lequel on cherche à faire lire le poncif de toute la souffrance du plus grand nombre et qui n’inspire, qui ne provoque chez la minorité au pouvoir guère plus qu’un haussement d’épaules comme pour nous dire avec mépris que « c’était écrit ». Que c’est facile de nous servir ce funeste et simpliste « al maqtub » du fatalisme arabo-musulman entretenu avec la complicité de quelques chefs religieux inquiets pour leurs privilèges !
Chers gouvernants, on ne s’empare pas du pouvoir, des rouages de l’Etat pour faire des citoyens uniquement « des pauvres que l’on doit ensuite chercher hypocritement à aider » mais plutôt pour « les écouter ». Et alors vous les entendrez vous dire « je ne suis pas pauvre. Je suis en lutte : j’ai ma dignité ! ». Cette « écoute », que j’appelle la « politique de la dignité » changerait tout. Notamment la façon dont on agit avec les intérêts du peuple. Et puis ensuite, celle dont on n’agit pas avec les aspirations de ce même peuple.
Mes chers gouvernants, toute action politique unilatérale encourt le risque d’aliéner ceux au nom de qui elle est menée car « non merci, dit la dignité des uns et des autres. S’il vous plaît, ne faites rien à ma place, je le ferai moi-même. ». Alors arrêtons ce stupide découpage administratif que les populations récusent avec véhémence.
En termes plus clairs, je veux dire qu’un homme politique intègre doit comprendre enfin que sa motivation première n’est autre que cette perpétuelle interrogation sur ce qu’il peut faire pour son Pays, pour sa Nation et non ce que le Peuple peut faire pour lui afin de perpétuer son pouvoir. Il ne s’agit point de faire des promesses pour berner ces concitoyens. Les quatre cents mille diplômés qui sont sur le marché du travail ont d’abord une Dignité et ensuite une très grande capacité de discernement. Ils savent que ceux qui n‘ont pu leur trouver un travail décent en onze années de pouvoir, n’y arriveront certainement pas en six mois même au sortir de mille et un Conseils Présidentiels pour l’Emploi des Jeunes.
Jeunesse de mon pays, jeunes diplômés chômeurs du Sénégal, la balle rebondit dans votre camp : unis et solidaires, vous gagnerez ce combat pour la dignité humaine, pour votre survie, pour un Homo- sénégalensis fort et autonome et pour l’avenir de la Nation toute entière.
Le génie du peuple Sénégalais que vous incarnez malgré les douloureux écueils sur votre chemin vous commande le refus ; le refus de tomber dans l’ignominieux camp de ceux qui ont choisi de vendre leur dignité au cénacle des intérêts particuliers et partisans et qui naturellement croient que l’on puisse impunément tout se permettre même en se prosternant, en prostituant leur ego devant ceux qui mettent en avant l’achat de consciences comme seul mode de gestion des affaires publiques et des hommes de la cité.
En Tunisie, Ben Ali s’était réfugié derrière la répression ; il a été déchu par le Peuple Souverain. C’est plus que légitime !
En Egypte, Moubarak s’était appuyé sur les Forces de Sécurité, il s’est fait chassé comme un malpropre par la ferveur populaire. C’est encore plus légitime !
Ici, chez nous, les boucaniers Wadiens ne pourront compter ni sur les Forces de Sécurité, ni sur la répression. Nos braves frères qui sont sous les drapeaux, sont issus des entrailles du Peuple avec lequel ils partagent les mêmes peines, les mêmes privations et les mêmes craintes pour l’avenir. Ce n’est pas aussi une quelconque convocation à la DIC ou une privation temporaire de liberté qui feront reculer les patriotes de ce pays.
Je vous assure que *Thiat* n’est pas seul dans son combat ; il n’est que la face émergée de l’iceberg qui trouera et coulera à jamais le bateau du SOPI qui vogue depuis un certain temps en eaux troubles. En le privant de sa liberté, le pouvoir honni de l’Etat-PDS le renforce encore plus dans ses convictions. Mieux il arme inconsciemment des milliers et des milliers d’autres *Thiat* prêts à tout pour sauvegarder la philosophie du « Y’ en a marre », du « Wade dégage » et du « Touche pas à ma Constitution ».
Par les atermoiements sans précédent de nos décideurs actuels, par leur incurie et la légèreté qui les animent dans la sauvegarde des institutions républicaines, de la paix sociale et de la concorde nationale que nous nous étions magistralement administrées, notre NATION est devenue orpheline et dénudée. Nous repères et nos refuges d’antan, aujourd’hui largement dévoyés, nous offrent gratuitement sur un plateau d’argent aux faucons de la zizanie et du chaos. Sommes-nous aujourd’hui assis sur une poudrière ?

AMADOU FALL Enseignant à GUINGUINEO
TEL 775457544/766887279
Zemaria64@yahoo.fr

Publié dans Sénégal

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