Le Président de la République face à la presse à l'occasion de ses cent premiers jours au pouvoir: « Je suis déterminé à honorer mes promesses et à répondre aux attentes des nigériens», d

Publié le par GUILLAUME DELLOH

 

A l'occasion de ses cent premiers jours au pouvoir, le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM. Issoufou Mahamadou, était, samedi dernier, face à un parterre de journalistes de la presse publique, privée et internationale.


Pendant 90 minutes, il a répondu à toutes les questions, objet de préoccupations de la population nigérienne. Cette conférence de presse radiotélévisée retransmise en direct est une grande première, et elle aura permis au Président de la République d'apporter plus de lumière sur certaines questions que se pose le citoyen nigérien.


En introduisant cette conférence de presse, SEM. Issoufou Mahamadou a tenu à remercier le peuple nigérien qui lui a fait confiance, le 12 mars dernier, en le portant à la Présidence de la République. Répondant à une question relative à une prétendue nomination des parents, amis et connaissances et d'un supposé deal signé ave le Général de Corps d'Armée Djibo Salou, le Président de la République a souligné qu'il est normal que ses adversaires politiques émettent des critiques.

 

«Nous sommes en démocratie, et comme vous le savez, il y a une opposition et une majorité. Il y a des contre pouvoirs. C'est normal que des critiques soient formulées. Et d'ailleurs ce sont des critiques que nous souhaitons pour améliorer ce que nous faisons. Mais pour répondre à ces critiques là, je dois dire que les critères de choix, c'est d'abord la compétence et l'intégrité. Toutes les nominations qui ont été faites ont fait l'objet d'enquête de moralité. Donc moi j'ai décidé de choisir des hommes convaincus, des hommes patriotes, et dont je suis convaincu qu'ils vont se mettre au service du peuple nigérien, et n'ont pas à leur propre service. J'ai entendu la critique selon laquelle j'ai fait appel à beaucoup d'hommes de l'entourage du Président Salou. Il n'en est rien. J'ai choisi des Nigériens sur la base des critères que je viens de vos indiquer », a indiqué SEM. Issoufou Mahamadou.


Répondant à une question faisant cas d'une certaine lenteur dans les actions visant à rompre avec les anciennes pratiques, le Président de la République a souligné que les gens font plus allusion à la lenteur dans les nominations. « Or ces nominations, j'essaye de les faire avec beaucoup de précautions, au préalable, j'engage des enquêtes de moralité, et cela est un facteur qui induit de la lenteur dans la mise en œuvre de ces nominations», a-t-il ajouté.

Evoquant un sujet relatif à la liberté de presse, notamment la déclaration de la table de Montagne, SEM. Issoufou Mahamadou, a d'abord réaffirmé son attachement à la promotion de la liberté de la presse avant de dire qu'il est prêt à être l'avocat de la presse auprès des autres Chefs d'Etat africains.


« Dans mon discours d'investiture, j'avais souligné que mon objectif de stabilisation des institutions démocratiques républicaines, passe par le renforcement des contre-pouvoirs. Ces contre-pouvoirs, ce n'est pas seulement l'opposition ; mais c'est aussi la société civile ; et dans la société civile, il y a la presse. Le travail que fait la presse est important, cela me permet de m'adapter par rapport à la gestion du pouvoir. La presse joue un rôle de veille démocratique dans le pays. C'est le lieu de saluer ce travail important que la presse nigérienne est en train de réaliser. Et donc je serai un fervent militant pour la signature de la déclaration à laquelle vous venez de faire allusion», a souligné SEM. Issoufou Mahamadou.


Abordant une préoccupation relative à l'insécurité dans certaines parties du pays, le Président de la République a souligné que la sécurité des personnes et de leurs biens figure en bonne place de ses priorités. « Dès ma prise de fonction, j'ai réuni tous les responsables des Forces de Défense et de Sécurité. On a réfléchi ensemble, et on a identifié les menaces auxquelles est exposé le Niger. Ces menaces sont les mêmes que j'avais déjà identifiées et sur lesquelles j'ai eu à parler à plusieurs reprises pendant la campagne électorale.


C'est d'abord la menace intégriste ; ensuite la menace des organisations criminelles, le trafic de drogue, le trafic des armes ; la menace des forces centrifuges qui vont en rébellion de manière récurrente. Mais il y a aussi à côté de ces menaces majeures, d'autres menaces, qui portent sur le braquage sur les axes routiers, le vol à main armée et le banditisme armé. Nous avons donc identifié ces menaces-là ; et nous avons défini les réponses appropriées à ces menaces. Mais avant, j'avais clairement indiquer aux responsables de sécurité, que je souhaite avoir des forces de défense et de sécurité dépolitisées, professionnalisées et républicaines. A partir de là, il s'agit de voir quels sont les moyens humains ; quels sont les équipements qu'il faut mettre à la disposition de ces forces pour faire face à leur mission.Aussi je n'ai pas perdu de vue l'aspect relatif au renforcement du moral des forces de défense et de sécurité.

 

Déjà il y a un certain nombre de mesures que nous avons mises en œuvre pour renforcer le moral des forces de défenses et de sécurité. Rappelez-vous j'avais fait des visites dans les casernes. Au niveau du camp de la Garde présidentielle et au niveau des autres camps, j'ai été un peu choqué des conditions dans lesquelles les forces de défense et de sécurité vivent. Et c'est pour cela que nous avons pris la décision de restructurer les camps et les casernes. Nous avons, par exemple, pour la Garde présidentielle, déjà décidé d'engager d'importants moyens pour la réhabilitation du camp. Les autres casernes vont également suivre», a indiqué SEM. Issoufou Mahamadou.


Dans ce même volet, le Chef de l'Etat a indiqué qu'il a également décidé de doter les mutuelles des forces défense et de sécurité d'une subvention conséquente ; et une subvention pour que les éléments des forces de défense et de sécurité puissent avoir accès à la propriété en logement. Répondant à une question relative aux affaires de détournement de derniers publics et aux fausses factures dont la presse s'est fait l'écho, le Président de la République a indiqué que le Niger n'est pas un pays pauvre, mais un pays mal géré.


« Je me fixe deux objectifs majeurs : le premier objectif, c'est la mobilisation des ressources internes qui me permettront de réaliser mon programme ; la deuxième mesure, c'est l'amélioration de l'efficacité de la dépense. Et pour réaliser ces deux objectifs, il faut nécessairement lutter contre le détournement des derniers publics. Il faut lutter contre la fraude fiscale. Je suis déterminé à faire en sorte que les derniers publics soient bien gérés. Je suis déterminé à rétablir le monopole fiscal de l'Etat, parce que le monopole fiscal de l'Etat est érodé par la fraude fiscale » a souligné SEM. Issoufou Mahamadou.


A propos de l'évolution du prix de l'uranium, SEM. Issoufou Mahamadou a rappelé qu'à partir de 2006, il y a eu position de force. « Avant 2006, le prix de la livre d'oxyde d'uranium était très bas. Les prix ont été multipliés par dix. Du moment où les prix ont été multipliés par dix, l'uranium du Niger se vendait autour de 27 000 Fcfa le kilogramme. Et c'est à partir de ça qu'une révision a été opérée ; on est passé de 27 000 Fcfa à 40 000 Fcfa le kilogramme. Et d'ailleurs les 40 000 F était en deçà du prix du marché mondial. Donc ne croyez pas à la propagande selon laquelle il y a eu un bras de fer. C'était une propagande engagée pour des raisons que vous connaissez. Maintenant on sait pourquoi on veut donner l'image de patriotes intransigeants à certains responsables politiques », a dit le Président.


Parlant des grands travaux qui ont été amorcés, SEM. Issoufou Mahamadou a souligné qu'il ne s'agit pas de poser des pierres, mais d'engager des actions. « Pour le barrage de Kandadji, nous avons effectivement lancé les travaux le 23 mai après avoir débloqué les ressources financières qu'il fallait pour le démarrage de ce chantier. Il s'agit d'un projet important pour le Niger. Il s'agit d'un projet qui est prioritaire pour nous. Il est à but multiple. Il permettra de produire de l'électricité. On a prévu 130 Megawatt de puissance au niveau de ce barrage. Il nous permettra d'aménager toutes les terres irrigables le long du fleuve, 120 000 hectares.


Il y a trois phases : une première phase de réalisation du barrage ; il y a une deuxième phase en phase électrique et une troisième phase des aménagements hydro agricoles. Quand on est arrivé au pouvoir, seule le financement de la première phase était partiellement acquis. Aujourd'hui on peut considérer que le financement de cette phase est totalement bouclé. Et nous avons récemment, en rapport avec nos partenaires, bouclé aussi le financement de la deuxième phase lors de la réunion de Viennes où les partenaires se sont engagés à intervenir à hauteur de 250 millions de dollars. Quant à la cimenterie de Malbaza, elle permettra au Niger de cesser d'être importateur de ciment ; et même d'en exporter.

 

Nous avons prévu au niveau de cette nouvelle cimenterie une production de 540 000 tonnes. Bien sûr ces bassins vont évoluer en fonction des chantiers qu'on a prévu de lancer dans le pays conformément à mon programme ; mais la production prévue permettra de couvrir les besoins actuels », a dit SEM. Issoufou Mahamadou. Le Président de la République devrait également évoquer des sujets qui ont trait aux offensives diplomatiques du Niger pendant ces cent premiers jours, à la crise libyenne, à l'économie, à la hausse des prix des céréales, à l'initiative ‘'3N'', etc.En concluant cette conférence de presse, SEM. Issoufou Mahamadou a indiqué qu'il restera entièrement dévoué au service du Niger.


«Je sais que certains se réjouiront de mon succès et d'autres s'en offusqueront. Je sais aussi que certains se réjouiront de mon échec et d'autres s'en offusqueront. Je suis déterminé à honorer mes promesses et à répondre aux attentes des nigériens, en particulier des femmes et des jeunes qui sont pris dans la chaîne de la pauvreté. Je suis conscient des difficultés qu'il faut affronter sur le chemin de la renaissance. Mon ambition c'est de réaliser l'alliance de la liberté et du temps, de réaliser la renaissance du Niger. Inchah Allah, nous y arriverons », a-t-il indiqué. Le Chef de l'Etat a enfin saisi l'opportunité de ce podium pour souhaiter une campagne agricole abondante et fructueuse à nos braves acteurs du monde rural.

Publié dans Niger

Commenter cet article