Laurent Akoun: “Tôt ou tard, le peuple mettra fin à cette terreur”

Publié le par GUILLAUME DELLOH

 

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Akoun Laurent

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LAURENT AKOUN, Secrétaire général du FPI par intérim et porte-parole dit ses vérités sur le régime de Ouattara : «Tôt ou tard, le peuple mettra fin à cette terreur». Pour sortir Laurent Akoun de ses gonds, il faut se lever tôt. Ouattara, lui, a mis quatre petits mois, certainement assuré que la terreur assure la tranquillité à un gouvernant. Il sait désormais à quoi s’en tenir.

Le FPI vient de perdre son poste de vice-président à la CEI au moment où, justement, il réclamait la parité Rhdp-Lmp au sein de cette institution. Etes-vous déçu, inquiet pour la démocratie en Côte d’Ivoire ou révolté?

Pas déçu mais profondément affligé. Mon affliction vient du fait que ce qui se passe mérite que les uns et les autres s’y arrêtent. Car si l’on n’y prend garde, ce sont ces dernières décennies de lutte démocratiques qui seront gravement compromises comme le reste du processus électoral.

Aujourd’hui, le Fpi a t-il les moyens de faire fléchir le pouvoir en place sur ce recul démocratique que vous dénoncez?

C’est vrai, nous sortons d’une crise extrêmement grave et l’ensemble des structures de notre parti sont pratiquement en état de blocage réel. Mais nous avons les capacités de nous relever et cela se fait dans le temps.

Vous relever, au plan interne d’accord, mais nous parlons plutôt de capacités vis-à-vis du régime actuel

Oui, il ya trop d’autres ressorts mais pas forcément là où les gens nous attendent. Pour l’heure, nous demandons le respect des règles du jeu, c’est-à-dire, l’accord de Ouagadougou, et toutes les concertations qui ont suivi et ont contribué à mettre en place un outil consensuel pour organiser les élections. Si nous sommes évincés de notre poste de vice-président comme vous l’annoncez…

Ce n’est pas nous qui l’annonçons

C’est ce que je crois car nous n’avons, jusque- là reçu aucune notification sur la question. Dans un Etat organisé, on notifie toujours à ceux, même fussent-ils les plus petits partenaires, une décision se rapportant à eux.

Donc vous considérez que jusqu’à présent vous détenez toujours votre poste de vice-président à la CEI?

Mais mieux, nous demandons davantage. C’est ce combat-là qui a permis aujourd’hui à ceux qui prennent des décisions unilatérales d’être là où ils sont actuellement. Sachez que depuis le 11 avril 2011, nous n’avons eu de rencontre avec aucun de ceux qui dirigent en ce moment la Côte d’Ivoire sur le sujet. C’est vrai que des choses peuvent se dire dans la presse, ou entre personnes proches du pouvoir, mais c’est officieux. Or un parti comme le Fpi ne peut pas s’en tenir à cela.

A priori, vous ne doutez pas de leur bonne foi?

Absolument pas…

Même avec tout ce qui se passe?

Justement, c’est parce que cela se passe que nous ne doutons pas de leur bonne foi car nous savons qu’une chose est de dire et une autre est de faire. L’intention mille fois affichée et affirmée des nouvelles autorités, est de rassembler, or quand on rassemble, cela veut dire qu’on est différent.

Le refus de la parité que vous réclamez va-t-il empêcher votre participation aux législatives?

La parité n’a pas encore été refusée, du moins vous dites qu’il y a un acte qui a été posé mais dont nous n’avons pas encore été saisis. Si l’acte nous est notifié par la suite, je puis vous affirmer que dans les prochains jours nous allons nous réunir comme d’habitude, au niveau de nos instances et nous donnerons notre position sur l’ensemble des questions préoccupantes de l’heure, telles que la sécurité, la réconciliation car notre leader et tous nos responsables principaux sont aujourd’hui en prison, quand nos cadres et certains de nos animateurs à la base sont soit en exil ou contraints de vivre cachés.

Il n’y a toujours pas de lisibilité dans votre démarche concernant les législatives que vos adversaires préparent déjà

Rassurez-vous, pour les législatives comme pour les autres élections à venir, nous estimons que nous avons exprimé à tous les partenaires actuels impliqués dans le processus électoral, c’est-à-dire, l’Onuci, l’ensemble des chancelleries de l‘Union européenne, et certaines chancelleries africaines, nos préoccupations. Et la question de la commission électorale indépendante figure en bonne place. Nous disons que pour que le parallélisme des formes soit respecté, il faut que le consensus sur l’équilibre puisse être la règle qui nous permet d’aller à ces élections-là. Le Président Laurent Gbagbo, de l‘accord de Ouagadougou aux élections d’octobre 2010, n’a fait que donner des gages pour rassurer l’opposition d’alors. Aujourd’hui qu’ils sont au pouvoir, ils ne donnent aucun gage pour aller aux élections

Irez-vous dans ces conditions aux législatives ou pas?

Non la question est plutôt de savoir si nous pouvons encore compter et faire confiance à ceux qui sont aujourd’hui aux affaires afin que nous trouvions les termes adéquats pour aller à ce scrutin-là. Parce que, aller à ces élections sans le FPI, c’est ce qu’il y a de plus facile à faire. Pédagogiquement, je l’ai toujours dit, à l’époque où j’étais enseignant, la solution la plus facile c’est de mettre zéro à la copie d’un élève. Mais le plus difficile c’est de trouver dans la copie, même s’il a écrit deux lignes, qu’on juge insensées, quelque chose à apprécier.

Pour vous prendre au mot, y a-t-il quelques lignes, dans la gestion actuelle qui vous permette d’aller aux législatives?

Oui, nous estimons que tout est encore possible, rien n’est joué.

Donc vous irez aux législatives?

Nous irons aux législatives si ensemble nous parvenons à un processus consensuel, équilibré, qui donne une chance à la Côte d’Ivoire de se reconstruire.

C’est quoi le processus consensuel?

C’est d’abord la composition de la Commission électorale, son organisation…

La parité?

Absolument. Deuxièmement, M. Bakayoko a été à la base du scandale. Sous d’autres cieux, dans d’autres cultures, je ne veux faire d’insulte à personne, c’est lui-même qui aurait rendu sa démission. Mais le maintenir, là et vouloir aller à une compétition n’est ni juste, ni rassurant. Nous ne voulons pas changer de règles du jeu comme certains le prétendent, mais nous demandons plutôt que l’arbitre soit changé pour compétir à armes égales. On nous parle de loi, mais une loi peut être abrogée. Nous, nous avons toujours confiance à nos partenaires, c’est peut-être eux qui ne nous voient pas comme des partenaires. Mais qu’ils sachent que nous ne leur demandons pas de nous aimer mais de nous respecter, d’associer la direction du Front populaire ivoirien.

Vous leur tendez la main alors qu’apparemment ils…?

Non, ça c’est… Vous permettez que…

Le président par intérim du Fpi a dit qu’il était enfin soulagé…

Oui, c’est une bonne chose que de tendre une main. Mais de mon point de vue, nous aurions préféré que ce soit les deux mains parce que pendant qu’on tend une main, l’autre peut toujours frapper.

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Mais le FPI dit qu’il est soulagé, donc il est satisfait. Pourquoi demandez-vous encore autre chose? Non, un soulagement ne veut pas dire que je suis d’accord. Il traduit le fait que dans la peine, vous dites un mot qui me permet de comprendre que vous avez saisi ma souffrance. Il faut que les choses soient claires à ce niveau. Nous avons dit que nous saluons la main tendue mais nous demandons d’aller plus loin. Le slogan du président Gbagbo, bien connu des Ivoiriens, est bien « asseyons nous et discutons ». Maintenant à l’impossible nul n’étant tenu, si nous faisons le constat que les gens veulent aller aux élections sans nous, le FPI avisera.

Vous avez rencontré Bédié, l’inspirateur théorique de la présidence de Ouattara. Je suppose que vous en avez parlé. Que vous a-t-il dit?

Le Président Bédié nous a fait l’honneur et l’amitié de nous recevoir à Daoukro. C’était une visite de courtoisie pour lui exposer un certain nombre de préoccupations telles que la libération du Président Laurent Gbagbo, de ses proches, et de tous nos camarades qui sont incarcérés, l’arrêt de toutes les poursuites, de tout cet environnement, ce climat de terreur qui fait qu’aujourd’hui, ceux qui sont en exil n’osent pas rentrer. Il nous a écouté mais ce n’est pas lui le chef d’Etat même s’il travaille avec lui.

Que vous a-t-il dit concrètement?

Il a prêté une oreille très attentive à l’exposé de nos préoccupations, et je pense que comme tout d’homme d’Etat, certainement qu’il développe un certain nombre d’actions en direction du pouvoir, pour que le rapprochement se fasse afin qu’on puisse se parler. Nous-mêmes, en dehors de nos camarades du Cnrd, avons écrit au Chef de l’Etat à l’effet d’aborder ces questions là.

Certainement qu’il ne veut pas vous recevoir

Non, il ne faut pas être incisif…

Non je veux juste savoir…

Je ne sais pas. Nous avons eu des échos émanant de certains membres de sa famille politique qui nous ont donné l’assurance que le message est arrivé à destination. Nous pensons donc que d’ici là, nous pouvons être reçus par le président Ouattara.

Votre demande d’audience date de quand précisément?

La première date de mai, au lendemain de l’investiture de Yamoussoukro.

Cela veut dire qu’il y en a eu plusieurs

Oui, et la relance a eu lieu en juin, dans le cadre du Cnrd. Mais en tant que Fpi, au mois de juillet dernier, nous avons encore adressé un courrier. Donc c’est la troisième requête. Mais nous restons confiants et nous y ajoutons la bonne foi. C’est pourquoi justement le Président Miaka a dit qu’il saluait le discours du 06 août du chef de l’Etat.

Le Fpi est à la relance, mais depuis le 11 avril, avez-vous fait votre examen de conscience ? Si oui, quelle est la part de responsabilités du Fpi dans la grave crise que la Côte d’Ivoire vient de vivre?

Je pense que l’examen de conscience, pour tout acteur qui a survécu à une telle crise, est de revisiter le parcours qu’il a fait. C’est ce que le président Gbagbo appelle le rétroviseur, dans la voiture qui indique la distance parcourue et les embûches traversées. Nous faisons notre examen de conscience. Depuis 1990, nous sommes restés une opposition républicaine. Je me souviens encore comme si c’était hier, des premières marches sur la place de la République. Pas une aiguille n’y a jamais été retrouvée. C’est dire que nos actions ne sont pas inscrites dans la violence politique, car nous sommes porteurs d’un projet. Et c’est sur cela que nous voulons exister. Donc nous continuons de faire notre examen de conscience. Nous sommes pour le rapprochement, pour que les Ivoiriens se parlent, simplement, pas pour s’aimer. Parce que personne n’a choisi d’avoir pour voisin, X ou Y dans le quartier où il est. Mais nous sommes condamnés à vivre ensemble sur les 322,463 km2. C’est même parce que nous faisons notre examen de conscience que nous employons les termes tels que «Monsieur le Président Ouattara », « Monsieur le président de la République » et que nous lui adressons même des demandes d’audience.

D’accord, mais quelle est la part de responsabilité du Fpi?

En tant qu’acteurs, nous sommes responsables des actions que nous avons posées. Il y a une seule chose qu’on délègue, c’est le pouvoir et non la responsabilité. Nous avons pris des décisions que nous assumons mais ce qui n’est pas juste, c’est de faire croire qu’il n’y a qu’un seul camp qui a agi. Or nous avons agi tous ensemble, donc assumons mutuellement nos responsabilités. Notre part, pour ce qui est de notre pouvoir, et pour ne pas remonter trop loin, date de septembre 2002. Laurent Gbagbo, a été le seul à prendre l’engagement de dire à la limite, « partageons le pouvoir » et pas la responsabilité pour que nous allions à la paix. C’est ce qui a permis la tenue des élections. Si Gbagbo était comme certains semblent aujourd’hui le faire croire, nous ne serions même pas là où nous sommes.

Depuis quatre mois, la Côte d’ivoire est institutionnellement bloquée, la personne de Ouattara domine de la tête et des pieds la vie publique. Les Ivoiriens ont peur du régime de terreur qui a cours. Que peut faire le Fpi pour repousser Ouattara dans les limites de sa fonction?

Nous pensons au Fpi que la terreur n’est pas un mode de gouvernance juste qui permet aux filles et fils d’un pays d’inventer de nouvelles vies mais également de trouver des hommes pour porter ces idées là. En nous élisant, on nous a donné cette responsabilité là. Parce qu’un peuple qui est blessé, un peuple qui est humilié, invente toujours. Et cette terreur là, c’est dans le temps. Aujourd’hui certains s’abritent derrière un parapluie et ils pensent que tout est fait, tout est fini, non c’est faux. Ils devraient savoir qu’aucune victoire n’est définitive. Il y en a qui pensent que gouverner sous la terreur est la solution idoine. Je dis non, c’est pour un temps. Le temps que le peuple se lève. Nous, nous comptons sur notre peuple. Vous n’avez qu’à le regarder. Voilà un pays où tout est mélancolie, tout est tristesse. Un pays où les gens disent avoir gagné les élections et tout est tristesse. Je ne parle pas seulement d’Abidjan, encore qu’Abidjan représente le baromètre de la Côte d’Ivoire car tous les politologues et les analystes savent que qui gagne Abidjan gagne toute la Côte d’Ivoire. Vous n’avez qu’à regarder les chiffres. Qui a gagné Abidjan ? Mais là n’est pas mon objet. Mon objet, c’est de dire que la terreur ne règle rien, elle n’est que momentanée, passagère. Je dis que ce peuple et nous avec, va trouver les mécanismes de mettre un terme à tout ce qui se passe. Autant aller alors à un contrat. Ce contrat, c’est le contrat démocratique. Dans ce contrat là, ce n’est pas l’amour, c’est le respect des règles. Aujourd’hui, et je suis d’accord avec vous, c’est la terreur, personne ne se sent en sécurité en dehors peut-être de ceux qui sont aux affaires. Et cela n’a rien à voir avec cette volonté d’intimidation des Ivoiriens. Personne n’est à l’abri parce qu’on a déclenché des forces comme des apprentis sorciers et ces forces-là échappent aujourd’hui à ces personnes.

Ouattara est-il un partenaire crédible quand on sait qu’il ne jure que par les inculpations, les arrestations, la CPI etc.?

Je pense que celui qui préside aux destinées de ce pays doit encore avoir une attitude d’ouverture. Bof, les inculpations, les arrestations, sont pour moi, un aveu même d’impuissance. Ils ont seulement transféré, déplacé le problème. Il n’est pas résolu pour autant. Nous croyons, qu’il faut éviter, même si nous pensons que nous sommes incapables en tant qu’Africains et surtout Ivoiriens, de résoudre nos problèmes après 50 ans de vie en tant que peuple ou nation « libre », de demander tout le temps aux autres de venir résoudre les problèmes à notre place.

D’après Mamadou Koulibaly, la libération de Laurent Gbagbo et toute la direction du parti déportée au Nord est-elle redevenue une priorité?

Non, elle n’est pas redevenue, elle l’est. S’agissant de Mamadou Koulibaly, c’est un camarade, nous lui souhaitons bon vent. Espérons que ses voiles seront gonflées de vent pour que nous avancions. Et comme il s’inscrit dans l’opposition, chemin faisant, nous nous rencontrerons certainement.

Je parlais plutôt du président Gbagbo

Oui justement, qu’est ce qui mobilise les Ivoiriens et même ceux qui ne portent pas Gbagbo et la Refondation dans leurs cœurs ? C’est le sort qui est fait au Président Gbagbo. Je ne peux pas vous dire que je prends un pari. Mais qu’on accepte de libérer le Président Gbagbo, vous allez voir ce pays-là, la vie va renaître et les Ivoiriens seront comme un seul homme. Pas parce qu’ils aiment forcément Gbagbo mais parce que la situation qu’il vit est une injustice.

Mais que fait le Fpi pour aller à tout le moins, à l’arrêt de la séquestration infligée au président Gbagbo?

Dans l’environnement où nous sommes, nous pensons que le Fpi doit rester dans la voie qu’il a choisie car la violence n’arrange rien. C’est pourquoi le FPI utilise tous les canaux d’une sensibilisation, d’un échange afin que nous convenions que pour la réconciliation, pour le retour d’une paix durable, il faut libérer Gbagbo, ses proches et tous les leaders FPI, LMP qui sont aujourd’hui dans les liens de la détention. C’est dans l’histoire que nous développerons les autres formes. Mais en l’état actuel de nos forces, avec le président Miaka, nous ne pouvons que sensibiliser, montrer que c’est ça le contrat social. Le nouveau contrat c’est Gbagbo libre et la Côte d’Ivoire se redonne une chance d’avancer.

Comment se porte Gbagbo?

Nous n’avons malheureusement pas de contact en dehors de ce que les avocats qui ont pu lui rendre visite, nous rapportent. Mais nous pensons que physiquement, il se porte bien, même si une certaine presse lui trouve des maux. Mais ça, ce n’est pas nouveau ; ça date de depuis 1990 où même « Jeune Afrique » avait soutenu que Gbagbo faisait une crise d’épilepsie. Moralement il va bien et il va nous produire de nouvelles œuvres. Dans ce pays, il fait partie et figure même en bonne place parmi ceux qui ont produit au niveau de l’action politique. Quand on parle de programme de gouvernement, de projet de société, c’est Gbagbo et le Fpi qui en sont les précurseurs. Il n’y avait aucune formation politique qui l’a fait avant, y compris le Pdci. La commission électorale indépendante, pour briser le monopole d’une administration acquise à la cause du parti unique et toutes les autres avancées démocratiques, ça c’est Gbagbo. Il s’est investi pour que l’activité politique soit reconnue comme une action d’utilité publique. Même si aujourd’hui il est privé de beaucoup de lecture qu’il affectionne, mais je sais que l’homme que je connais doit être en train de mûrir quelque chose. Peu importe le sort, ce que l’on ne peut pas atteindre, c’est la liberté et sa tête est libre. Je suis convaincu qu’il va produire quelque chose qui va aider ce peuple et cette sous-région à avancer dans le processus démocratique.

La libération de Gbagbo est-elle une faveur que vous demandez au pouvoir?

Non, ce sont les termes du contrat social. C’est ce qu’on appelle la réconciliation. Pour qu’on puisse vivre ensemble, car on ne vit pas ensemble seulement chez les autres, mais partout et Gbagbo doit vivre avec nous. Il faut aborder la question poliment, posément et sans complexe. Je rappelle qu’entre 1999 et 2001, c’est Gbagbo qui est allé chercher Ouattara et Bédié pour qu’ils rentrent au pays dans le cadre du forum pour la réconciliation et ensuite créer les conditions de leur total épanouissement en faisant voter des lois sur les rentes viagères et le financement des partis politiques etc. Quand quelqu’un agit ainsi, ce n’est pas pour lui, mais pour toute la Côte d’ivoire. Un tel homme, on peut ne pas l’aimer mais il faut le respecter et lui rendre le minimum dû à son rang.

Si malgré tout ce que vous venez d’énumérer, Gbagbo n’est pas libéré, irez-vous quand même aux élections?

Nous aviserons au niveau de la direction de notre parti et par la suite avec nos partenaires du Cnrd. Mais dans tous les cas, sachez que le Fpi n’ira pas aux urnes à n’importe quelles conditions. Si nos militants n’ont pas la sécurité nécessaire pour se déplacer, si les élus et les cadres ne peuvent pas aller sur le terrain, quelle élection voulez-vous que l’on tienne dans ces conditions ? Là est la question. Donc très bientôt nous parlerons à nos militants et à l’ensemble des Ivoiriens.

Source: Joseph Titi et Yves de Séry – Aujourd’hui

Publié dans Cote d'ivoire

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