L’Afrique de l’Ouest veut « accélérer » la création d’un marché unifié

Publié le par Guillaume WANKOLE

AFP

Le président de la commission de la Cédéao, le Burkinabè Kadre Désire Ouedraogo, lors d'une conférence de presse, le 23 octobre 2013 à Dakar - Copyright : AFP Seyllou

Dakar (AFP)

L’Afrique de l’ouest, rassemblée au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) entend « accélérer » la création d’un marché unifié et d’une monnaie unique d’ici 2020.

« On a toujours l’habitude de voir la Cédéao sur le front des crises et des questions politiques, mais nous avançons (…) sur l’oeuvre de construction économique de nos pays », a déclaré mercredi le président de la Commission de la Cédéao, Kadré Désiré Ouédraogo, avant un sommet, vendredi à Dakar, essentiellement condacré à l’économie.

Des questions politiques « peuvent être évoquées mais (…) ce sommet a été convoqué exprès pour des questions d’intégration économique », a souligné M. Ouédraogo devant l’Association de la presse étrangère au Sénégal (APES).

Les dirigeants ouest-africains examineront une série de recommandations sur la création d’une zone monétaire unique, l’établissement d’un cordon douanier unique pour l’accès dans l’espace Cédéao et les négociations d’accords commerciaux que tente de conclure depuis plusieurs années l’Union européenne (UE) avec des pays en développement.

Une des recommandations phare pour « la consolidation du marché régional » ouest-africain est l’instauration d’un « tarif extérieur commun (TEC) » applicable à toutes les marchandises provenant de pays non membres de la Cédéao.

Selon Kadré Désiré Ouédraogo, « l’architecture générale » du TEC a été approuvée en juin 2013 après six ans de concertations ayant abouti à la définition de « cinq bandes tarifaires et 5.899 lignes tarifaires » pour protéger les productions et industries de la région, faisant face à une concurrence internationale agressive et parfois déloyale.

« Zone monétaire unique de la Cédéao en 2020″

L’intégration monétaire est aussi au programme du sommet de Dakar.

Créée en 1975, la Cédéao regroupe aujourd’hui 15 pays totalisant environ 300 millions d’habitants qui utilisent des monnaies différentes.

Huit de ces pays ont en commun le franc CFA, arrimé à l’euro, et sont rassemblés au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa): le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

Mais chacun des sept autres pays de la Cédéao a sa propre monnaie: l’escudo pour le Cap-Vert, le dalasi pour la Gambie, le cédi pour le Ghana, le franc guinéen pour la Guinée, le dollar libérien pour le Liberia, le naira pour le Nigeria et le leone pour la Sierra Leone.

L’Afrique de l’Ouest espère voir effective en 2015 une monnaie commune à ces pays, dont certains forment depuis 2000 la Zone monétaire d’Afrique de l’Ouest (ZMAO), « avec pour objectif ultime ls fusion avec l’Uémoa pour une zone monétaire unique de la Cédéao en 2020″.

Les dirigeants ouest-africains discuteront enfin des « accords de partenariat économique » (APE) que cherche à conclure l’UE dans le cadre de ses relations commerciales avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

Les négociations avec les pays ACP, qui devaient se conclure en 2007, piétinent depuis plus de 10 ans, notamment parce que les pays africains craignent que l’ouverture des marchés ne fragilise leurs économies.

Des accords intérimaires ont cependant été signés avec deux pays ouest-africains: la Côte d’Ivoire et le Ghana. « Ces deux accords vont être supprimés dans l’accord régional, si un jour il y a accord régional » entre la Cédéao et l’UE, mais pour les Ouest-Africains, « les APE ne doivent pas être des instruments de désintégration, je crois que l’UE comprend cela », a dit Kadré Désiré Ouédraogo.

Le sommet de la Cédéao est précédé jeudi à Dakar d’un sommet ordinaire de l’Uémoa, qui sera également dominé par l’économie.

Publié dans Afrique

Commenter cet article