Justice des vainqueurs : Huit proches du Président Gbagbo désormais inculpés de "génocide" en Côte d`Ivoire

Publié le par GUILLAUME DELLOH

 

Geneviève Bro-Grébé, leader des "femmes patriotes".
Geneviève Bro-Grébé, leader des "femmes patriotes".

Publié le mardi 10 juillet 2012 | IVOIREBUSINESS ABIDJAN – La justice des vainqueurs à sens unique fonctionne à plein tube en Côte d’Ivoire.

En effet, de source judiciaire, huit proches du Président Laurent Gbagbo sont désormais inculpés de "génocide" durant la crise postelectorale.

Selon cette source, Geneviève Bro-Grébé, leader des "femmes patriotes", une organisation pro-Gbagbo, et Abou Drahamane Sangaré, ancien vice-président du Front populaire ivoirien (FPI, ex-parti au pouvoir), "ont été auditionnés et inculpés de génocide et de crime contre la population civile".
Ils sont détenus à Katiola au Nord de la Côte d’Ivoire.

Ces inculpations portent à huit le nombre de personnalités du camp Gbagbo accusées de "génocide".

Ce chef d`accusation est déjà porté depuis février contre l`ex-Première dame Simone Gbagbo, et depuis ces dernières semaines contre l`ancien Premier ministre Gilbert Aké N`Gbo, l`ex-président du FPI Pascal Affi N`Guessan, les anciens ministres Alcide Djédjé et Désiré Dallo et le général Brunot Dogbo Blé.

Ces huit personnes sont par ailleurs poursuivies pour crimes de sang, atteinte à la sûreté de l`Etat et/ou infractions économiques, notamment détournement de fonds publics.

Elles font partie d`une vingtaine de personnalités du camp Gbagbo détenues dans plusieurs villes du Nord ivoirien, dont les premiers interrogatoires au fond avaient commencé fin mai et se sont achevés mardi à Katiola.

Ces personnalités avaient été arrêtées puis incarcérées à la fin de la crise de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts.

Le camp Gbagbo réclame sans relâche la libération de ses responsables en détention et fustige une "justice des vainqueurs", aucune figure du régime du président Alassane Ouattara n`ayant été encore poursuivie.

Laurent Gbagbo est incarcéré à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne de crimes contre l`humanité.
Depuis la fin de la crise post-électorale, seuls les proches et les partisans du Président Laurent Gbagbo sont inculpés par la justice nationale et internationale.
Les partisans d’Alassane Ouattara n’ont à ce jour jamais été inquiétés, ce qui alimente de plus en plus les allégations d’une justice partiale des vainqueurs fonctionnant dans un seul sens.

Patrice Lecomte

 

Publié dans Cote d'ivoire

Commenter cet article