Gorbatchev : Alexandre Loukachenko prépare son fils de six ans à sa succession

Publié le par GUILLAUME DELLOH

 

Gorbatchev : Alexandre Loukachenko prépare son fils de six ans à sa succession
Mikhaïl Gorbatchev n'y va pas par quatre chemins. Après avoir parlé d'un "retour en arrière" dans le pays et de la nécessité de "ne pas répéter l'URSS dans sa pire variante", ce mercredi, le dernier dirigeant soviétique a évoqué la situation politique en Biélorussie.

Selon M.Gorbatchev, le chef de l'Etat biélorusse, Alexandre Loukachenko, prépare son fils de six ans – il est père de trois enfants – pour sa succession. Alexandre Loukachenko "tient Kolia [son fils] par la main, il se prépare un successeur sans le cacher, comme si c'était le Royaume de Biélorussie", a estimé le père de la perestroïka et Prix Nobel de la paix.

Le fils aîné de M. Loukachenko, Victor, est quant à lui membre du Conseil de sécurité de Biélorussie alors que son fils cadet, Dmitri, occupe le poste de chef du Club présidentiel sportif et a préparé la participation des sportifs biélorusses aux Jeux olympiques d'été de 2008 à Pékin.

"C'EST MON TALISMAN"

"Il est au pouvoir depuis près de vingt ans, il faut des changements" en Biélorussie, a-t-il poursuivi, critiquant notamment la répression post-électorale qui a suivi la présidentielle de décembre 2010.

Plusieurs candidats de l'opposition à ce scrutin ont été incarcérés pour leur participation à une manifestation post-électorale dénonçant des fraudes à l'élection, remportée par M. Loukachenko avec près de 80 % des suffrages.

"Loukachenko se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, il lui est arrivé quelque chose, il est trop sûr de lui", a encore dit M. Gorbatchev, qui a connu M. Loukachenko du temps où il était chef de sovkhoze, puis député.

Alexandre Loukachenko, 56 ans, s'affiche régulièrement en public avec son jeune fils, fruit d'une relation extra-conjugale. Il l'a même présenté au pape Benoît XVI, lui a fait porter l'uniforme pendant des défilés militaires et s'est fait filmer avec le garçonnet assis sur des piles d'or au cours d'une visite à la Banque centrale biélorusse. "C'est mon talisman, mon crucifix, donc je le porte", a lâché un jour M. Loukachenko au sujet du jeune garçon.

( Avec Le monde ) 

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