Francis Wodié : un choix partisan

Publié le par GUILLAUME DELLOH



Laurent Gbagbo avait nommé un de ses proches à la tête du conseil constitutionnel. Alassane Ouattara vient à son tour de nommer un de ses proches à la tête de la même institution. Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil d’Afrique. Rien n’a fondamentalement changé de ce point de vue. Ainsi d’Houphouët à Alassane Ouattara en passant par Henri Konan Bédidé, Robert Guéi ét Laurent Gbagbo, les pratiques sont restées les mêmes en matière de nomination aux hautes fonctions de l’Etat. Celui qui exerce le pouvoir d’Etat nomme toujours les personnes qui lui sont proches.
Ce n’est donc pas tant parce que Francis Wodié est un brillant intellectuel ou qu’il jouit d’une probité morale sans faille qu’il a été nommé à la présidence du conseil constitutionnel, mais bien parce qu’il est un homme de Ouattara. N’est-ce pas qu’il l’a soutenu au second tour de la présidentielle de novembre 2010 ? N’est-ce pas que Wodié a récemment arrimé son parti au rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) dont Ouattara est un pilier essentiel ? N’est-ce pas que Wodié s’est systématiquement rangé derrière les positions de M. Ouattara depuis le déclenchement de la rébellion armée en septembre 2002 ?
M. Wodié n’est ni « le choix de l’intégrité morale », ni un choix totalement désintéressé basé essentiellement sur la compétence. Mais bien un choix partisan. A fortiori, on pourrait dire que Ouattara a honoré une promesse électorale. « Tu me soutiens et je te nomme si je suis élu ». Il est donc illusoire que le nouveau président prétende « restituer au conseil constitutionnel son honneur et sa crédibilité ». Car, de la même façon que les proches de Ouattara n’avaient aucune confiance au conseil sous Yao N’Dré, de même, les pro-Gbagbo suspecteront toujours le Professeur Francis Wodié de jouer pour Ouattara.
Il est bien surprenant que des gens qui ont longtemps remis en cause la crédibilité du conseil constitutionnel pour les liens de son président avec Laurent Gbagbo avalent aujourd’hui leurs langues.

Publié dans Cote d'ivoire

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