Détention arbitraire et prolongée de Gbagbo et ses partisans : Le gouvernement Ouattara divisé

Publié le par GUILLAUME DELLOH

Le gouvernement Ouattara posant sur le perron de la présidence d
Le gouvernement Ouattara posant sur le perron de la présidence d'Abidjan-Plateau.

Publié le jeudi 21 juillet 2011 | Notre Voie - Maintenir des prisonniers politiques dans les geôles pour des motifs légers comme c’est le cas de Laurent Gbagbo et de certains de ses

collaborateurs ne rencontre pas toujours l’assentiment des esprits critiques. Dans le gouvernement Ouattara, des divergences se font jour sur ces détentions arbitraires. Selon des indiscrétions proches du ministère de la Justice, le ministre Ahoussou Jeannot n’est pas sur la même longueur d’onde que bien de ses collègues du gouvernement dont le ministre des Droits de l’homme, Coulibaly Gnininma qui était vendredi à Bouna où il a rendu visite aux prisonniers politiques de Ouattara. Selon nos sources, des ministres au sein du gouvernement sont favorables à une libération pure et simple de tous ceux qui ne font pas l’objet de poursuite. C’est le cas par exemple des personnes détenus à Katiola et à Bouna et qui, jusqu’à présent, n’ont fait l’objet d’aucune inculpation. Nos sources au ministère de la Justice font état de trop de contradictions dans la procédure du procureur de la République qui prend ses ordres auprès du Garde des Sceaux. Toutes choses que beaucoup de ministres dénonceraient avec vigueur.

Selon toute vraisemblance, le ministre Coulibaly s’est rendu à Bouna pour voir et apprécier les conditions de détention des prisonniers politiques de Ouattara qui ont été torturés début mai et dont une vidéo mise en ligne et en ce moment en circulation montre ces tortures infligées à Affi N’Guessan, Michel Gbagbo, Diabaté Bêh et autres. Il a révélé, selon la radio ONUCI, que les tortures ont eu lieu dans l’euphorie, au début de l’arrivée des prisonniers politiques de Ouattara. Par ailleurs, il a confirmé à mots couverts le caractère politique de ces emprisonnements. En effet, le ministre des Libertés publiques et des Droits de l’homme a révélé sur la radio -très partisane des Nations-Unies-que ce sont les déclarations des «exilés» qui compliquent la situation des prisonniers politiques. Tout porte d’ailleurs à croire qu’il a porté ce message aux prisonniers puisqu’il a fait cette déclaration juste à sa sortie de prison. Ainsi, Affi, Sangaré et autres sont maintenus en prison parce que leurs camarades en exil font des déclarations qui effraient le pouvoir Ouattara. C’est donc la raison pour laquelle il les tient en otages. «Si vous voulez être libres, priez pour que vos amis qui sont en exil arrêtent leurs déclarations», pourrait-on traduire le message du ministre des Droits de l’homme d’Alassane Ouattara.
On comprend dès lors qu’en tant que ministre des Droits de l’homme, il ne puisse pas être d’accord avec la détention prolongée des prisonniers politiques. Ce qui confirme les informations fournies par nos sources du ministère de la Justice.

Publié dans Cote d'ivoire

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