Déguerpissement des parcs autos : 6000 commerçants, importateurs, transitaires en dangers / L’Etat va perdre 200 milliards FCFA

Publié le par GUILLAUME DELLOH

Publié le mercredi 3 août 2011 | Le Mandat - Le déguerpissement des parcs automobiles n’est

pas du goût des acteurs de ce secteur d’activité. Avec cette mesure qui est rentrée en vigueur depuis vendredi dernier, plusieurs familles sont en danger, de même que les recettes fiscales de l’Etat.

Samedi 30 juillet, il est 10 heures, lorsque nous arrivons au grand carrefour de Koumassi. Le parc automobile qui se trouvait en face de l’agence de la Sodeci a été déguerpi la veille. En plus, les commerces ambulants et autres activités informelles ne sont plus visibles. Cet espace est de nouveau aéré. C'est par un communiqué du ministère de la Salubrité urbaine, du 27 juillet 2011, que les opérateurs des parcs autos installés sur le boulevard Giscard D'Estaing ont été sommés de quitter les lieux. Ce communiqué, qui fait référence à " l'Opération pays propre ", a été suivi d'effet immédiat, deux heures après, selon les opérateurs économiques. Ainsi, les services de la police nationale et ceux du ministère de la salubrité sont entrés en action, vendredi dernier. «La ministre de la salubrité mène une action d'envergure pour redonner à Abidjan son lustre d'antan. Si cela doit passer par le déguerpissement des parcs qui sont situés sur le VGE, nous pensons que cela est une bonne chose », pense Michel Taha. Ce déguerpissement a touché la dizaine de parcs automobiles dressés aux abords du boulevard, depuis l’espace Akwaba, à Port-Bouët, jusqu'à Treichville. L'objectif étant de décongestionner le trafic sur les routes de la capitale économique ivoirienne. De la place Akwaba jusqu'à la gare de Bassam, à Treichville, le boulevard est assaini. Certains riverains voient d’un bon œil cette mesure. A la veille des festivités de l’indépendance, Abidjan arbore un autre visage. Mais, que deviendront ces pères de familles qui exercent dans ce milieu d’activité ? Aujourd’hui, le problème est posé. L’Etat s’est engagé à assainir les abords du boulevard. Maintenant, il faut trouver un nouveau site à ces propriétaires de parcs autos. «Ils ne paient pas de taxes pour l'espace qu'ils occupent mais juste pour les dédouanements et autres taxes au guichet unique automobile», estime Siabé Antoine, agent aux impôts. Aux commerçants qui se sont plaint du peu de temps accordé pour quitter les sites, la ministre Anne Ouloto a fait savoir qu'elle exécute un arrêté pris depuis 2008. Toutefois, elle a promis qu'avec les différents maires, des sites appropriés seront trouvés pour les déguerpis. Les opérateurs économiques réunis au sien du syndicat national des parcs automobiles de Côte d’Ivoire sont sonnés par la mesure qu’ils trouvent brusque. Prenant acte de ladite mesure, ce collectif que nous avons joint au téléphone devrait avoir une rencontre la ministre Anne Ouloto pour examiner la situation qui prévaut sur le terrain. A ce jour, ce sont plus de 800 parcs autos qui sont concernés par le déguerpissement. Et chaque parc embauche 8 à 10 personnes. De plus, il y’a les droits et taxes que payent ces opérateurs économiques, à l'Etat, à travers le Guichet unique ; soit une manne estimée à environ 200 milliards par an, selon les opérateurs. Ces opérateurs qui ont payé un lourd tribut de la crise post-électorale (casses et pillages) et qui, malgré tout, se sont laissés allés à espérer avec la reprise des activités, sous l'ère du président Alassane Ouattara pensent trouver une oreille attentive auprès des autorités afin de pouvoir continuer à exercer et ainsi participer à la construction de la nouvelle Côte d'Ivoire, avec chaque contribuable comme acteur de développement socio-économique.

Benjamin Soro

Publié dans Cote d'ivoire

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