CPI/ 3 mois après l'audience de confirmation des charges: Le Procureur Fatou Bensouda prévient : « Nous n'avons pas encore fini avec la Côte d'Ivoire »

Publié le par Guillaume WANKOLE


Elle s'était murée dans un silence, assourdissant, depuis la fin de l'audience de confirmation des charges contre l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, le 28 février 2013.

Et même durant les dix (10) jours qu'a duré cette audience, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, c'est d'elle qu'il s'agit, n'avait eu que deux ou trois apparitions, laissant le soin à ses collaborateurs de conduire les débats face à la Défense de Gbagbo.

Cette absence de la Cour d'audience a donné lieu à toutes sortes de commentaires, avec une forte tendance à laisser croire que la juriste gambienne avait abandonné le dossier ivoirien. Que non ! Fatou Bensouda est toujours à la barre. Dans un élément diffusé par une radio néerlandaise (RNW Afrique Radio Pays-Bas Internationale ) que nous avons pu écouter hier jeudi 23 mai, le Procureur de la CPI dit n'avoir pas encore fini avec la Côte d'Ivoire. « Nous n'avons pas encore fini les investigations, nous n'avons pas encore arrêté les investigations en Côte d'Ivoire. Nous allons continuer nos recherches, et il y aura d'autres affaires judiciaires », a-t-elle prévenu, indiquant que sa solution à la crise ivoirienne, c'est la justice. « Je crois que c'est la seule façon d'arrêter la politique de vengeance en Côte d'Ivoire, et cette spirale de la violence qui a cours dans le pays. Je crois qu'on peut l'arrêter en situant les responsabilités dans les crimes qui ont été commis, et dans les deux camps. Comme je le dis toujours, en toute indépendance et en toute impartialité », a-t-elle insisté.

Faut-il le rappeler, c'est le 3 octobre 2011, que la Chambre préliminaire III de la CPI a autorisé le Procureur de cette Cour à ouvrir une enquête sur la situation en Côte d’Ivoire pour connaître des crimes qui auraient été commis depuis le 28 novembre 2010, date du second tour de l'élection présidentielle opposant Laurent Gbagbo, le président sortant, à Alassane Ouattara, candidat de l'opposition.

Durant l'enquête, la Cour a décidé le 22 février 2012, d'autoriser le Procureur à élargir ses recherches en incluant les crimes relevant de la compétence de la Cour, et qui auraient été commis entre le 19 septembre 2002, date de l'éclatement de la rébellion en Côte d'Ivoire, et le 28 novembre 2010. Ce qui élargit du coup l'éventail de personnalités ivoiriennes susceptibles d'être poursuivies par la CPI. L'ancien Procureur, Luis Moreno Ocampo, qui a commencé et bouclé l'enquête sur la crise post-électorale, avait indiqué que trois (3) à six (6) personnalités ivoiriennes issues des deux camps au conflit, pourraient être concernées par les poursuites.

Outre Laurent Gbagbo, l'ancien président, qui se trouve depuis le 30 novembre 2011 dans le box des accusés, le transfèrement de son épouse Simone Gbagbo est à l'ordre du jour. Le jeudi 22 novembre 2012, la Chambre préliminaire I a en effet levé les scellés sur un mandat d’arrêt délivré à l’encontre de l'ancienne première Dame, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité qu'elle aurait commis en Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Elle est réclamée par le CPI. Poursuivie également par la justice ivoirienne, les autorités de ce pays hésitent encore à donner une réponse claire à la requête de la justice internationale.

Pour l'heure, seul les personnalités membres de l'ancien régime sont inscrites sur la liste du Procureur. Fatou Bensouda et son équipe qui disent avoir l'oeil ouvert sur le dossier ivoirien, vont certainement inculper des personnalités membres du camp au pouvoir, pour casser l'accusation de partialité dont ils sont souvent accusés.

Publié dans Cote d'ivoire

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