Côte d’Ivoire: Le tribunal militaire inculpe 56 militaires, gendarmes et policiers pro-Gbagbo de crime de guerre. Angé Kessy veut-il la vérité ?

Publié le par GUILLAUME DELLOH QUALITE A LA NORME IVOIRIENNE

IVOIREBUSINESS – Le Commissaire du gouvernement, le Colonel Ange Kessy Kouamé, a arrêté à plusieurs haut-gradés de l’ère Gbagbo, omettant soigneusement de mettre aux

arrêts les militaires pro-Ouattara nommément cités dans les massacres de populations civiles, notamment les 1000 civils pro-Gbagbo aux mains nues tués par les Frci à Duekoué.
Dans les chancelleries occidentales, au départ sensibles aux arguments d’Alassane Ouattara dès le début de la crise post-électorale, c’est la désillusion. On se demande s’il s’agit d’une justice des vainqueurs uniquement opposable aux vaincus du camp Gbagbo.

En effet, depuis son bureau au bâtiment A de la cité administrative, le Commissaire du Gouvernement, le Colonel Ange Kessy Kouamé, a ouvert une enquête sur les génocides et les crimes de guerre durant la période postélectorale. Il a décidé d’inculper près de 56 personnes, militaires, gendarmes et policiers, proches du camp Gbagbo, lesquels verront automatiquement leurs comptes bancaires gelés.
Il s’agit du Général Dogbo Blé Brunot, commandant de la Garde républicaine, du Général Vagba Faussignaux, ex-commandant de la Marine nationale et son adjoint Allah Kassi de la base navale de Locodjoro, du Colonel Konan Boniface du corps d’élite des Fusilleurs Marins Commandos (FUMACO), du Commandant Abéhi Jean Noël de l’Escadron blindé du camp d’Agban, du Médecin-Colonel Daleba Réné, du chef de bataillon Dua Kouassi et d’autres sous-officiers.
Mais le Commissaire du gouvernement a préféré faire l’impasse sur les militaires FRCI nommément cités dans les rapports d’Amnesty international, du Cicr et de Human rights watch, par l’Onuci, tels que Chérif Ousmane, Ousmane Coulibaly ou Meidy Eddy.

Parmi les 56 personnes du camp Gbagbo inculpées, on trouve 44 militaires et gendarmes, et 12 membres de la police nationale dont le Commissaire du 31ème arrondissement Monnet Dénis et le Commissaire Guédé Zakali.
A l’évidence, le Commissaire du Gouvernement veut laisser passer les Frci entre les mailles des filets de la justice.

L’ex-attaché militaire à l’ambassade d’Afrique du Sud, Henri César Damalan est aussi dans le viseur d’Ange Kessy Kouamé. Un mandat d’arrêt international sera bientôt lancé contre lui.
Au moment où la vice-procureure de la Cour pénale internationale (CPI) séjourne à Abidjan, c’est une justice aux ordres qu’a choisie le lui montrer le commissaire du gouvernement.
Madame Fatou Bensouda a clairement annoncé au sortir d’une audience avec Alassane Ouattara il y a deux jours, que les coupables de crimes des deux camps, Ouattara et Gbagbo, seront inculpés de crimes de guerre, de crime contre l’humanité et de génocide.

Tiendra-t-elle parole ?
Nous ne tarderons pas à le savoir.

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