Côte d'Ivoire: ADO a-t-il inspiré Mamadou Koulibaly ?

Publié le par GUILLAUME DELLOH

 

Mamadou Koulibaly, président de LIDER.
Mamadou Koulibaly, président de LIDER.

Le 20 août 2011 par IvoireBusiness - Dans son combat contre les Ivoiriens pour devenir président de la

République, les étrangers c’est-à-dire les ressortissants de la sous-région ont été l’épouvantail dont se sont servis le RDR et son chef Alassane Dramane Ouattara pour arriver à leur fin.
Le RDR criait au loup que les ressortissants de la sous-région subissaient les pires humiliations en Côte d’Ivoire de la part des partisans des différents présidents qui se sont succédés à la tête de l’Etat, à savoir Bédié, Guéi et Laurent Gbagbo. Il avait fait de la défense des étrangers son cheval de bataille. Cette position a suffi pour rallier à sa cause tous les étrangers. Alors que c’est sous la primature de Alassane Dramane Ouattara que fut instaurée la carte de séjour, origine de tous les maux des étrangers. Le sort des étrangers en Côte d’Ivoire était inscrit en bonne place aux chapitres des revendications de la rébellion armée qui ne cesse d’endeuiller le pays. Ainsi, dans le programme de gouvernement de l’accord de Marcoussis figurait en premier point la nationalité, la condition de vie et la naturalisation des étrangers. L’objectif de la France était de « créer » des « ivoiriens de circonstance » qui allaient servir de bétail électoral à leur poulain.
C’est ce déséquilibre sociologique national vecteur de conflit que les Ivoiriens craignent et ne cessent de dénoncer. Et, Mamadou Koulibaly avec, lorsqu’il écrivait : « En vertu de quelles prérogatives la France veut-elle décider d’accorder une naturalisation massive et automatique à des gens qui ne le demandent pas nécessairement, au mépris de notre Constitution et en malmenant nos Institutions.
Comment l’Elysée peut-elle imaginer que les Ivoiriens accepteront sans rien dire qu’on leur impose du jour au lendemain trois millions de nouveaux concitoyens, déséquilibrant ainsi la sociologie nationale. En vertu de quelle loi internationale la France, sur le dos de l’ONU, peut-elle jouer au gendarme et refuser à la Côte d’Ivoire le droit de déterminer qui doit être ivoirien et qui ne peut pas l’être. Le grand paradoxe, c’est que précisément au même moment, la France se ferme et se barricade, particulièrement face aux jeunes des pays qu’elle veut coloniser. La communauté internationale doit être consciente qu’elle contribue à semer les germes de divisions, que même bien des décennies après seront des causes de conflit que l’on se plaira à qualifier de guerre ethnique, bien qu’ils ne le seront pas ». (Cf. Frat Mat du 15/12/05)
Aujourd’hui, à l’heure de la mondialisation, aucun Etat si puissant soit-il ne peut vivre replié sur lui-même. Sinon, il court à sa perte. C’est cette ouverture qui permet à l’Amérique de s’endetter auprès de la Chine qu’elle essaie cyniquement d’imploser par-dessus tout.
L’intégration, on ne cessera de le répéter, est la voie de salut de l’Afrique. Même les grandes puissances membres du G8 ont trouvé l’intérêt de se mettre en ensemble. Mais cela ne les empêche pas de « se barricader ». La France a choisi l’immigration choisie pour foutre dehors tous les maliens, sénégalais, tchadiens, algériens, burkinabés, togolais ; béninois, ivoiriens, ROM etc. L’Amérique a électrifié sa clôture à la frontière mexicaine pour empêcher tout flux migratoire provenant de ce pays. Les Pays-Bas, tout comme l’Allemagne ont renforcé les conditions d’accès à son sol. Ils (les Pays-Bas) ont refusé la nationalité à notre compatriote Salomon Kalou. Chaque pays pour des raisons qui lui sont propres prend des mesures pour ces nationaux. Parce que comme le dit Alassane Dramane Ouattara, alors candidat à l’élection présidentielle de 2010 : « Si l’on ni prend garde, dans 20 à 30 ans, beaucoup de pays africains pourraient ne plus exister. Parce qu’ils n’auront plus de ressources pour avoir une armée, une administration, une police. Il faut donc s’assurer de la bonne intégration des étrangers dans notre pays sous condition que toutes les lois soient respectées.» (Cf. Frat Mat du 26/11/10). (Un vrai démagogue, hier il accusait les autres d’être xénophobes)
Alors, pour permettre cette bonne intégration des étrangers dans notre pays, le président Laurent Gbagbo a facilité le délai et les conditions de naturalisation de ces derniers pour permettre à un plus grand nombre d’acquérir la nationalité ivoirienne en toute légalité. De tous les présidents que la Côte d’Ivoire a connu, il est le seul qui a signé le plus de décret de naturalisation. En supprimant la carte de séjour, il voulait permettre leur libre circulation dans notre pays afin d’éviter la fraude sur la nationalité ivoirienne que le RDR, avec le soutien de la France a orchestré. Il a pris des mesures pour contrôler le flux migratoire des étrangers.
Les ivoiriens, toutes tendances confondues ont dénoncé à un moment donné cette « naturalisation massive et automatique » que la France nous a imposée. Cette dénonciation ne peut en aucun cas être assimilée à une « peur » des étrangers.
Aujourd’hui, le président du LIDER, qui n’avait pas pensé un seul instant être projeté sitôt au devant de la scène, est à l’épreuve de ses ambitions. Il est entrain de revoir son discours. Mamadou Koulibaly puisque c’est de lui qu’il s’agit est entrain de faire les yeux doux aux étrangers, conscient qu’il est du poids que ceux-ci représentent dans le jeu électoral à cause de la fraude massive effectuée sur la nationalité. Il multiplie les sorties, se pose en grand défenseur des étrangers en taxant in fine ses amis d’hier et les patriotes de xénophobes. Le 11 août 2011 à la cérémonie de présentation de son parti, il déclarait : « Les étrangers ne constituent pas une menace pour notre pays. Nous ne pouvons pas avoir des grands ports, de grandes richesses et nous fermer aux étrangers. Les pays qui vivent en autarcie sont les moins développés et ceux qui sont ouverts sont les plus riches et développés. ». Quelques jours plus tard c’est-à-dire le 16 août 2011, c’est sur les ondes de la radio ONUCI FM qu’il refusait que les étrangers soient utilisés comme un épouvantail par la classe politique pour effrayer les ivoiriens, parce que l’étranger est une chance pour nous.
Demain, peut-être qu’il ne dénoncera plus le pacte colonial et la question du franc CFA peut ne plus être rediscutée avec la puissance coloniale puisque la France est un partenaire essentiel ou encore que nos devises peuvent être logées au trésor français et cela ne peut en aucun cas constituer un frein à notre développement. Licorne peut rester aussi longtemps qu’elle voudra comme le souhaite le chef de l’Etat Alassane Dramane Ouattara, c’est son droit puisqu’elle doit remettre de l’ordre à chaque fois. Ne soyons pas étonné qu’il fasse les éloges de Nicolas Sarkozy ou qu’il fasse son initiation à la franc-maçonnerie (si ce n’est déjà fait). Cela est aussi possible parce que les chefs Etat français sont faiseurs de roi en Afrique francophone. Qui sait. Attendons de voir.
L’adage dit : « Qui s’est mouillé n’a plus de peur de la pluie ». Si Mamadou Koulibaly s’est permis de trahir ses camarades en pleine tempête franco-rebello-onusienne, ce n’est pas quelques phrases qu’il va prononcer devant des micros pour salir ses camarades qui peuvent lui paraître difficile. Pour un fauteuil présidentiel, qu’est ce qu’on ne ferait pas ? ADO s’est permis de louer ECOMOG, de demander la fermeture des banques, de stopper l’exportation du café et du cacao, de stopper la livraison de médicaments pour tuer les ivoiriens. Il a poussé son cynisme plus loin en demandant le bombardement du palais présidentiel pour que Gbagbo soit cueilli comme un fruit pourri et cela a marché, donc voilà qui peut donner des idées à Mamadou Koulibaly pour se permettre aussi sa « sagacité ».

Tiekpo charles
tiekpocharles@yahoo.fr

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