Charles Blé Goudé: la résurrection du gbagboïste prodigue

Publié le par GUILLAUME DELLOH

Si Laurent Gbagbo est surnommé «le Christ de Mama», c`est bien Charles Blé Goudé qui est ressuscité d`entre les morts présumés. Des sources généralement bien informées le disaient six pieds sous terre, et le voilà qui joue la scène du retour du fils spirituel prodigue capable de prodiges médiatiques.
Si Gbagbo le «boulanger» ne pétrit plus sa farine de blé, son Blé continue de fermenter les débats politiques. Et le scénario qu`il déroule est incontestablement romanesque. En véritable Comte de Monte-Cristo prêt à organiser froidement sa vengeance, le «général de la rue» ivoirienne est devenu le chouchou des médias internationaux -radios européennes qui veulent s`africaniser, comme publications panafricaines bien européanisées.
S`il pourrait être reproché à l`ancien ministre de la Jeunesse un sens immodéré des coups de théâtre, il faut lui reconnaître de la constance dans ses opinions. «Têtu», diront certains. Dans une lettre ouverte, il qualifiait de «postophiles» tous ceux qui avaient fait acte de contrition pour obtenir un poste.
Si les métaphores littéraires ne manquent pas pour décrire l`obstination exceptionnelle de Blé Goudé, celle du «dernier des Mohicans» est peut-être la plus pertinente. Combat désespéré? Peut-être. Mais au jeu du «S`il n`en reste qu`un», Blé Goudé remporte le concours des scores de visionnage sur YouTube.
Les allocutions sont solennelles et les certitudes ne semblent pas devoir défaillir: «Je serai le dernier à lâcher Gbagbo», répète inlassablement l`exilé -quand bien même Gbagbo semble s`être lâché lui-même. Enfilant les oripeaux d`un prophète en pleine traversée du désert, le christique Goudé déclare avec emphase «qu`un jour il fera jour». Comment un ressuscité médiatique ne serait-il pas sûr de lui, quand il déclare croire «en l`Eternel des armées et au Dieu de justice»? Qui peut trembler, quand il est persuadé d`avoir Dieu et YouTube avec lui?
... suite de l'article sur Slate Afrique

Publié dans Cote d'ivoire

Commenter cet article