Afrique de l’Ouest: l’Uémoa se dote d’une politique commune pour la paix et la sécurité

Publié le par Guillaume WANKOLE

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Réunis jeudi en sommet à Dakar, les dirigeants des huit pays membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ont doté leur organisation d'une politique communique pour la paix et la sécurité, après de récentes crises dans la région, selon le communiqué de leurs travaux. - Copyright : AFP Seyllou

Dakar (AFP)

Réunis jeudi en sommet à Dakar, les dirigeants des huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ont doté leur organisation d’une politique communique pour la paix et la sécurité, après de récentes crises dans la région, selon le communiqué de leurs travaux.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uémoa ont « réaffirmé (leur) détermination à assurer la paix et la sécurité dans la sous-région », un programme dont la mise en oeuvre relève d’un comité spécial dirigé par le président sénégalais Macky Sall, indique l’organisation régional dans ce texte lu à l’issue des travaux, qui se sont achevés jeudi soir avec environ cinq heures de retard sur l’horaire initial.

Ils ont demandé aux « organes et institutions communautaires de poursuivre leurs efforts en vue de l’opérationnalisation du chantier paix et sécurité pour assurer la quiétude des populations de l’Union » et ils « ont signé dans ce cadre un acte additionnel instituant une politique commune de l’Uémoa dans le domaine de la paix et de la sécurité », selon la même source.

Ils ont également « adopté un acte additionnel portant création de l’Agence communautaire de supervision de la sécurité et de la sûreté de l’aviation civile », et un autre « acte additionnel » sur « une politique commune de développement culturel ».

Aucune précision n’a été fournie sur ces différents « actes additionnels ».

Le sommet de Dakar a regroupé les présidents Macky Sall du Sénégal, Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Blaise Compaoré du Burkina Faso, Mahamadou Issoufou du Niger, Thomas Boni Yayi du Bénin, Faure Gnassingbé du Togo, Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire ainsi que le président de transition de Guinée-Bissau Manuel Serifo Nhamadjo, dont les pays utilisent tous comme monnaie le franc CFA, arrimé à l’euro.

Les travaux ont été dominés par des questions économiques: financement des économies et des infrastructures régionales, sécurité alimentaire, énergie durable dans l’espace communautaire, douanes, notamment.

Au plan économique et financier, les dirigeants ont « relevé la résilience de l’activité économique (au sein de l’Uémoa) aux chocs internes et externes, malgré un contexte difficile », ils « ont noté que les perspectives macro-économiques apparaissent favorables ».

Evoquant « les besoins importants de financement des infrastructures », ils ont « demandé aux organes et institutions de l’Union de préserver le niveau de plafond de l’endettement tout en veillant à la qualité et à la soutenabilité de la dette », dont les montants n’ont pas été précisés.

Ils ont également « insisté sur l’interconnexion des réseaux (d’approvisionnement en électricité) de l’ensemble des Etats membres ainsi que sur l’adoption de choix stratégiques assurant à terme une réduction des tarifs de l’électricité » dans l’Uémoa.

Les dirigeants de la région ont par ailleurs réitéré leurs félicitations au Malien Ibrahim Boubacar Keïta pour son élection et les progrès réalisés par son pays, qui tente de se relever de 18 mois de crise politico-militaire et d’une guerre, toujours en cours, contre des groupes islamistes armés ayant occupé plusieurs mois en 2012 le nord du Mali.

Ils se sont réjouis de la « restauration de l’intégrité du territoire malien » rendue possible grâce à « l’intervention des forces françaises, tchadiennes et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 pays) aux côtés des forces maliennes ».

Ils ont également « relevé le bon déroulement des élections législatives au Togo » et « encouragé « les autorités et tous les autres acteurs politiques de la République de Guinée-Bissau à tout mettre en oeuvre pour parachever la transition en cours ».

La transition en Guinée-Bissau a été ouverte à la suite d’un coup d’Etat militaire qui, le 12 avril 2012, a secoué ce pays lusophone à l’instabilité chronique.

Le Béninois Thomas Boni Yayi a été désigné nouveau président en exercice de l’Uémoa en remplacement du Togolais Faure Gnassingbé.

« La journée a été bien remplie », a commenté Thomas Boni Yayi.

Dakar abritera vendredi un autre sommet, une réunion extraordinaire de la Cédéao qui regroupera les dirigeants de l’Uémoa et ceux de sept autres pays d’Afrique de l’Ouest.

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