Affrontements armés populations-FRCI à Arrah: Une dizaine de morts et plusieurs blessés. Les FRCI persona non grata

Publié le par GUILLAUME DELLOH

 

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Image d'illustration. Un homme mort pendant la crise post-électorale.

Publié le mardi 14 février 2012 | IVOIREBUSINESS – Les syndromes de Vavoua et de Sikensi qui donnèrent lieu à des affrontements sanglants entre populations civiles et soldats FRCI, se répandent un peu

partout dans le pays. Les FRCI sont de plus en plus "persona non grata" dans les localités qu’ils occupent. A Vavoua et Sikensi, ils ont dû plier bagage à la demande de la population.
A Kotobi, localité située à 12 km de Bongouanou, les FRCI ont été chassés par les populations pour cause de racket, de violence et d’insécurité, le 07 février dernier.
La ville d’Arrah est à feu et à sang depuis samedi jusqu’à hier nuit pour les mêmes raisons.
En effet, Arrah n’échappe pas au comportement « incestueux » des FRCI, où les populations souffrent leur martyr, excédés par leurs rackets, et agressions en tous genres.
Samedi dernier, des heurts ont éclaté entre jeunes d’Arrah et soldats FRCI. Heurts qui se sont poursuivis dimanche et toute la journée d’hier lundi.
Selon une source jointe hier sur le théâtre des affrontements, les jeunes de la ville, hyper motivés, s’en sont pris au corridor des Frci en y mettant le feu. Les jeunes se seraient ensuite rendus à la base FRCI pour les enjoindre de quitter la ville. Au cours des discussions qui s’en sont suivies entre les deux camps, trois éléments des FRCI ont été pris en otage et séquestrés par les jeunes qui voulaient les voir hors de la ville d’Arrah. Ces derniers ont alors mis le feu à cette base FRCI située au foyer « Bomo Henriette ».
Selon une source jointe sur place, une dizaine de morts et des blessés sont à déplorer, même si le bilan définitif n’est pas encore connu. En effet, 6 morts ont été déplorés dimanche et au moins 4 morts lundi, dont 2 femmes, sous le regard parfois complice des soldats de l'ONU.
Des domiciles et des commerces ont été pillés et incendiés, des coups de feu d'armes automatiques tirés et des agressions à l’arme blanche perpétrés.
Les agressions à jets de pierre ont également été enregistrés.
Le domicile du chef d’Arrah, Nanan Téhoua II a été attaqué et incendié.
Même la résidence de Kouamé Oi Kouamé, ancien maire d’Arrah, membre du RDR d’Alassane Ouattara et frère aîné d’Affi N’guessan, président du FPI et prisonnier politique de Ouattara, a été attaqué et incendié.
Jusqu’à hier, un calme précaire régnait dans la ville, l’ONUCI arrivée en renfort étant enfin décidée à intervenir.
Les gendarmes et policiers de la ville, non armés, ont pris la clé des champs sans demander leurs restes.

Vers 19 heures hier lundi, un détachement de l’Onuci est intervenu pour rétablir le calme. Malheureusement, pas pour longtemps puisque les hostilités ont repris dans la ville entre les deux camps. Des tirs nourris étaient entendus jusqu’à tard dans la nuit et la tension remontée à son paroxysme.
Nous y reviendrons.

Eric Lassale

Publié dans Cote d'ivoire

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