Affaire UNITEC Benin/Etat du Niger:Un nouveau scandale financier de 1 800 000 000 FCFA

Publié le par GUILLAUME DELLOH

Décidément, les scandales financiers ne finissent pas au Niger. Alors que les Nigériens n’ont pas fini de digérer l’histoire rocambolesque de paiement de fausses factures de plus d’un milliard et demi de FCFA et la méticuleuse affaire de l’OPVN (Office des Produits Vivriers du Niger) où un préjudice de plus de 700 millions a été causé à l’Etat, voilà que votre journal « Le Courrier » tombe sur un autre scandale financier. Ici aussi le préjudice au trésor public nigérien s’élèverait à 1 800 000 000 FCFA.

Tout serait parti d’un contrat entre la société UNITEC Bénin représentée par son premier responsable Philips Bocco et l’Etat du Niger. L’entente porterait sur le suivi électronique par UNITEC Bénin des camions de transport de marchandises en provenance de tous les ports d’attache (Lagos, Abidjan, Bénin, Cotonou, Lomé...) ainsi que de tous les corridors, bien évidement en direction du Niger. Le Contrat d’une durée de 3 ans (2004 – 2007) a été élaboré sur les cendres de celui conclu en octobre 2002 avec le société ATB toujours dans le même cadre, c’est-à-dire le visa contrôle (pour le suivi des camions) mais qui n’avait pas donné des résultats concluants, le Niger ayant été grugé.

Dans ce premier contrat qui était parti à zéro, c’est-à-dire ATB n’ayant fait aucun investissement préalable, les pertes pour le Niger s’élève- raient à la bagatelle somme de 1 455 000 000 FCFA. Avec UNITEC Bénin, également ce serait le même refrain, un contrat à zéro, des pertes pour le Niger de l’ordre de 1 800 000 000 FCFA alors même que la société de Philipe Bocco a pris à l’Etat du Niger des avances non encore remboursées de près de 140 millions de FCFA. Pire, UNITEC Bénin a été incapable de remplir certains de ses engagements par exemple le suivi sur les sites de Lagos, Abidjan, etc. Même ses investissements dans les prévisions de l’ordre de 1 700 000 000 FCFA n’auraient guère dépassé les 600 000 000 FCFA.

Devant ces manquements graves, le Ministre de l’Economie et des Finances de l’époque, Mahamane Lamine Zeine aurait fait un préavis de résiliation du contrat avec UNITEC Bénin en date du 1er décembre 2006. Instruction aurait alors été donnée d’arrêter le dispatching (c’est-à-dire le travail). Mais UNITEC Bénin aurait fait la sourde oreille. Pour brouiller les choses, elle aurait remis des chèques en guise de reconnaissance de dettes envers l’Etat du Niger. Ces chèques étaient-ils provisionnés ? Aussi les mem- bres du comité chargé de ce dossier seront-ils soudoyés ?

Il faut retenir que le Niger n’est jamais rentré dans ses droits, et ce jusqu’au coup d’Etat du 18 février 2010. Arrive alors dans ce dossier le DIRCABA, Alhassane Alkaly Entre mars et avril 2011, le Directeur de Cabinet Adjoint (DIRCABA) du Président du Conseil Suprême pour la Restaura- tion de la Démocratie (P/CSRD) prend en main le dossier. Le comité mis en place préalablement pour gérer la même affaire sera cassé. Vers fin juillet 2010, Allassane Alkaly aurait fait le déplacement à Cotonou (au Bénin) avec d’autres personnes pour dénouer le problème, du moins c’est ce qu’on peut penser.

Curieusement, Bocco et sa société qui avaient signé des reconnais sances de dettes, au lieu de se mettre en règle, portent plainte contre l’Etat du Niger auprès de la justice béninoise alors que dans le contrat il aurait été spécifié que tout différend va se régler devant les tribunaux nigériens. Nonobstant les graves manque- ments dans l’exécution de ce contrat, la partie nigérienne ne trouve rien à dire à l’Etat du Niger que de l’amener à verser 400 000 000 FCFA à Bocco. Un haut responsable d’un service sous la responsabilité du Ministère de l’Economie et des Finances aurait été d’ailleurs contacté par son supérieur hiérarchique, le Ministre de l’Economie et des Finances de la Transition et le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique de l’époque pour apposer sa signature. Il aurait refusé d’obtempérer.

Simple coïncidence ou suite logique de son refus, ce haut responsable se verra limogé de ses fonctions, les jours suivants. Son successeur avait t-il accepté de marcher dans la supercherie ? Vivement donc que les autorités ouvrent une enquête sur cette affaire afin de situer et châtier les responsabilités.

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