68ème anniversaire du Président Laurent Gbagbo Depuis l’exil, Damana Adia Pickas : « Tu es unique, exceptionnel et irremplaçable »

Publié le par Guillaume WANKOLE


Oui M. le président, oui cher papa, que tu nous manques énormément. Depuis qu’ils t’ont enlevé à coup de bombes et qu’ils t’ont déporté loin, très loin de nous, la vie n’est plus la même et certainement qu’elle ne sera plus jamais la même. Le père de la nation que tu étais, le papa de tous les Ivoiriens que tu incarnais, t’avait placé au-dessus des partis politiques par ta démission de la direction du Front populaire Ivoirien (Fpi), ton parti qui t’a porté au pouvoir en octobre 2000. Tous les Ivoiriens se reconnaissent en toi donc tu ne pouvais qu’être proche de ton peuple, attentionné aux préoccupations de tes compatriotes. Tu es un Homme, un humain, un président, un père, un ami, un pote, un consolateur, un stimulateur, une source d’espoir, tout un symbole. Tu as hérité, dès ton arrivée au pouvoir, d’une situation socio- politique difficile. Mais ton humanité et ta grande expérience des hommes t’ont permis, en un temps record, de ressouder le tissu social, de remettre tous les Ivoiriens ensemble en créant les conditions politiques, juridiques et sécuritaires rassurantes. Ainsi, tous les Ivoiriens que tu n’as pas contraints à l’exil ont pu rentrer sereinement dans notre chère Côte d’Ivoire. Tu avais donc mis sur les rails du succès un processus de réconciliation vraie sous ta gouvernance. M. le Président, aucun Ivoirien ne vivait en exil et cela conformément à notre loi fondamentale. C’est pourquoi Excellence, je ne comprends pas le type qu’ils nous ont envoyé pour prendre ta place. Il refuse d’être le père de la nation, le papa de tous les Ivoiriens. Il a préféré être le père d’une partie des Ivoiriens et c’est d’ailleurs pourquoi, il demeure à ce jour, contre la constitution, le président de son parti, le Rdr. Tu comprendras donc aisément, cher papa, pourquoi tous les Ivoiriens qui ne sont pas membres de son parti, souffrent le martyre. Quand ils ne sont pas emprisonnés ou tués pour les malchanceux, leurs comptes sont gelés, leurs biens placés sous séquestre ou encore ils sont déclarés persona non grata dans leur propre pays, si bien, qu’avec femmes, enfants, papas, mamans, frères et soeurs, ils ont pris, par milliers, le chemin de l’exil. Ton particulier successeur n’a visiblement pas la volonté de réconcilier les Ivoiriens. Sa gouvernance trahit, chaque jour de façon maladroite, son aversion et son
mépris pour les Ivoiriens et pour la Côte d’ivoire. Je vais juste retenir deux exemples pour étayer mon propos afin que tu me comprennes mieux :
1- La commémoration du 1er Mai, fête du travail, au cours de laquelle tous les dirigeants du monde rendent hommage à leurs travailleurs en prêtant une oreille attentive à leurs conditions de travail et à leurs revendications est désormais une illusion dans ton pays. En Côte d’Ivoire depuis deux ans que ce monsieur a été mis à la tête de notre pays, les travailleurs n’ont plus droit à cette reconnaissance et à cette marque de respect que tu leur offrais en tant que Président, chaque 1er mai, pendant dix ans. Comment peut-on prétendre travailler pour un pays, l’aimer, et ignorer voire mépriser ceux qui en sont la force de production, source du développement socioéconomique?
2- Le second exemple concerne la handballeuse, responsable de l’éducation de nos enfants et donc du renouvellement des générations garantissant un avenir radieux à ce pays. Comment peut-on aimer un pays et en confier la pérennisation et l’éducation de ses enfants à quelqu’un qui présente autant de carences, comment ? Pourtant, il y a à coup sûr des intellectuels et des cadres compétents au Rrd pour occuper ce poste ministériel hautement stratégique dans la vie d’une nation.
Ces deux exemples très évocateurs ne sont pas gratuits, ils sont symptomatiques de toute la considération que ton particulier successeurporte à ce pays pour lequel l’équipe actuelle n’a aucun plan directeur de développement. Ils ne font qu’inaugurer les projets que tu as réalisés ou exécutés, ceux dont le financement était techniquement achevé. Notamment le troisième pont, l’échangeur de la Riviera 2, le prolongement de l’autoroute du nord Singrobo-Yamoussoukro etc. Tu sais quoi, cher papa ? Je te reprochais souvent ta trop grande gentillesse et bonté envers tes adversaires politiques qui ne t’ont pas ménagé et qui t’ont fait trop de mal, de méchanceté, de cruauté. Mais à l’épreuve de cet exil infernal dans lequel nous souffrons le martyre, je comprends mieux ton comportement et je partage entièrement la générosité dont tu as fais montre hier vis-à-vis de tes bourreaux d’aujourd’hui. En effet, quand tu as subi la souffrance, la méchanceté et la cruauté et que tu es humain, tu ne peux les faire subir ni même les souhaiter à tes ennemis les plus irréductibles. Or, M. le Président, tu as connu et vécu dans la méchanceté des hommes pratiquement toute ta vie, mais tu demeures sans rancunes, ce qui fini de convaincre de ta grande dimension d’homme politique d’envergure mondiale et de grand leader. De 1963, date de l’arrestation arbitraire de ton père, Feu pépé Zépé Koudou Paul à Avril 2011 avec le bombardement inadmissible de ta résidence en passant par 1982 avec ton départ en exil et Février 1992 où tu es une énième fois emprisonné illégalement avec ton épouse et ton fils Michel, tu as subi la grande méchanceté des hommes, mais malgré tout ceci, je sais que tu as le coeur pur et léger, et que tu ne nourris aucune vengeance envers qui que se soit. Je suis convaincu qu’ayant conscience des souffrances injuste de maman Simone et de Michel, tu n’imagines même pas que ce qu’ils endurent aujourd’hui arrivera aux familles de ceux que tu considères comme adversaires politiques, mais qui te voient en leur grand ennemi. Pour diriger un pays et un peuple, il faut tout un parcours, avoir une somme d’expériences, avoir traversé des épreuves extrêmement difficiles. C’est justement là que réside toute la différence entre les autres et toi, et qui fonde ta supériorité, ta suprématie morale et politique,
dans la gestion de ce pays. Dans l’histoire de notre pays, il y a eu Houphouët- Boigny et toi. Tu demeures le meilleur de ta génération en dépit de ton isolement carcéral. En effet, tes ennemis en te déportant à La Haye croyaient te mettre hors jeu et t’anéantir. Ils ont plutôt fait de toi, le symbole vivant de la lutte contre le néocolonialisme et de la renaissance africaine. Ton audience transcende les frontières de ton pays et c’est tous les peuples africains, du tiers monde, du monde occidental etc. qui se mobilisent pour toi. Au point où tes pairs, chefs d’Etat africains se sont révoltés contre la Cpi qu’ils ont traité de raciste, de nouveau visage de l’assujettissement du peuple africain. Aujourd’hui, tout le monde attend le jugement de ceux qui te jugent afin qu’ils soient eux-mêmes jugés. Tu n’es pas donc plus au banc des accusés. Ce n’est pas toi qu’on juge M. le Président. Bien, comme on me signale l’arrivée de maitre Emmanuel Altit avec qui tu as une séance de travail, je vais suspendre mes nouvelles car en deux ans et surtout avec ton énigmatique successeur, il y a tellement de choses à dire. Mais saches que nous sommes là M. le Président, et nous serons toujours là. Le temps n’aura pas raison de nous, aussi longtemps que nécessaire, nous resterons mobilisés et fermes sur nos convictions. Sans complexe, ni compromission, dans la dignité et la loyauté, nous constituerons toujours ce rideau de fer autour de toi qui nous conduira à la victoire finale. Bien à toi papa, à ton 69ème anniversaire, sûrement dans des circonstances plus heureuses. Encore Joyeux anniversaire Papa. Que l’Eternel des armées te donne une santé et un mental à toute épreuve.

Publié dans Cote d'ivoire

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